TIÈDE SYMPATHIE POUR LES ASSEMBLEES PROVINCIALES
maintien pur et simple, en raison du bien qu'elles ont déjà pu réaliser1). « Elles sont regardées, dit le cahier de Cametours, comme seules capables de parvenir à une juste répartition dans les impôts qui seront établis » {'ll Depuis l'établissement des Assemblées provinciales, écrivent les gens d'Orval, on s'est aperçu « que de leurs opérations il s'ensuivait une grande économie dans les dispositions des entreprises et entretien des ouvrages publics et par une suite nécessaire une diminution dans l'impôt destiné à ces fonds ». Aussi demandent-ils « que le nouvel établissement soit continué et affermi par l'autorité et la protection du roi » (g). D'autres cahiers ne sollicitent d'Assemblées provinciales que comme un pis aller, et à défaut des Etats provinciaux. Mais, dans ce cas même, l'existence de celles-ci ne leur paraît pouvoir être utilement prolongée qu'à la condition de changements assez profonds dans leur constitution. Des pouvoirs plus étendus et surtout un mode de recrutement basé sur des élections absolument libres, voilà les nouvelles garanties réclamées. « Dans le cas seulement, peu vraisemblable, écrivent les paroisce siens de Breu ville, où Sa Majesté ne jugerait pas à propos de « rétablir les Etats provinciaux de Normandie, nos représentants « insisteront fortement sur la conservation des Assemblées provin- « ciales établies par l'édit de juin 1787, en rectifiant toutefois l'édi- « fice primitif de leur institution, et en demandant que ces assem- « blées soient recréées de nouveau et formées par une élection « pleinement libre des trois ordres de la province réunis, non par « une nomination à laquelle la province n'a eu jusqu'ici aucune « part » (*).
En réalité, les Bas-Normands n'avaient jamais fait complètement crédit aux Assemblées provinciales (5) ; ils ne les avaient
(1) Cahiers de La Bloutière, Beaucoudray, Le Chefresne, Caillebot-la-SalIe, Mesnil-Garnier, Mesnil-Opac, Montabot, Moyon, Tessy (b. de Coutances) ; de Port-Bail, Saint-Martin-le-Gréard, Saint-Martin-du-Mesnil (b. de Valognes) ; de Darivou et de Gouvets (b. de Vire).
(2) Gabier de Camelours, art. 4. Bridrey, ouv. cité, t. I, p. 243.
(3) Cahier d'Orval, art. 3. Bridrey, ouv. cité, t. I, p. 493.
(4) Cahier de Bieuville, art. 6. Bridrey, Ibid., t. II, p. 134. — Voir les cahiers de Hambye, La Lande-d'Airou (b. de Coutances) ; de Fierville et de Saint-Christophedu-Foc (b. de Valognes).
(5) « Les municipalités se sont tenues dans une grande réserve », écrivent les procureurs-syndics de Bayeux pour expliquer l'insuffisance des renseignements contenus dans les étals d'imposition dressés par les assemblées municipales du département: « elles ne se livreront qu'avec le temps, quand l'établissement des Assemblées provinciales sera bien affermi ou qu'on y aura substitué leurs anciens Etats, après