‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 319 sur 511 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

les troubles publics et l'anarchie administrative (mars-juillet 1789)

Rôle joué par les députés des trois ordres des bailliages de GaBïi et de Goutances au début de la session des Etals généraux*. Adhésions progressives du clergé, puis de la noblesse aux vues du Tiers état. Enthousiasme causé en Basse-Normandie par la réunion des ordres et la prise de la Bastille. Les adresses des villes.

La fermentation générale : ses causes économiques et sociales. La disette des grains : les émeutes de Saint-Lô, Caen, Cherbourg. Les retards dans la perception des impositions : résistances et révoltes dans les villes, à Caen, Cherbourg, Vire. Soulèvement des campagnes contre les droits féodaux : destruction des colombiers el chartriers ; actes de renonciation des seigneurs. La Grande Peur en Basse-Normandie : à Vire, Carentan, Cherbourg, Caen, Torigni, Bayeux. Arrestation du duc de Coigny et de Delleville. Conséquences de la Grande Peur.

Impuissance de la Commission intermédiaire provinciale et de l'intendant, accrue par leur antagonisme. Conflit relatif à la prestation de la corvée. Tentative d'indépendance des pouvoirs locaux. Impopularité et découragement des subdélégués. Départ de l'intendant : anarchie administrative. Annulation, à la veille du 4 août 1789, par les nobles du Cotent in et du bailliage de Caen. des mandats impératifs donnés à leurs députés. — Organisation spontanée des pouvoirs révolutionnaires nouveaux pour la défense de l'ordre public.

Le 1er avril 1789, dans la séance de clôture de l'assemblée générale des trois ordres du bailliage de Cotentin, le lieutenant général, Desmarets de Montchaton, félicitait les nouveaux élus en ces termes : « C'est à vous qui par la réunion des qualités les « plus estimables et les plus précieuses avez si justement mérité «Mes suffrages de vos concitoyens, c'est à vous de remplir leur « attente et de consommer le grand œuvre de la félicité nationale. « Puissent tous les membres qui composeront avec vous l'Assem- « blée y porter comme vous un zèle ardent pour le bien public « et l'esprit de paix et de conciliation » 0). L'avant-veille, à Caen,

(1) Abbé Pigeon, Le grand bailliage de MoHain en 1789. Mémoires de In Société -académique du Cotentin} t. III, p. 532. ••

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