MESURES CONTRE LA CONTREBANDE
Loges-Marchis, près d'Avranclies, dont les habitants exercèrent des voies de fait contre les employés des fermes. Le Comité d'Avranclies prit le 1er octobre un arrêté contre les séditieux, plaça les employés sous la sauvegarde des lois, et délégua trois de ses membres pour rétablir l'ordre dans cette paroisse. Deux mois plus tard, deux commis de la brigade de Courtils se virent insultés et menacés de violence : nouvelle intervention du Comité, nouvelle enquête (*): Malgré l'abaissement du prix du sel, la contrebande se pratiquait sur une grande échelle, sous les yeux des gardes impuissants et découragés, et avec la complicité des populations. Les mesures d'ordre prises par un Comité étaient compromises par l'inertie du Comité voisin. Celui de Cherbourg demandait instamment la création de corvettes armées pour empêcher la fraude qui s'exerçait sur les côtes de la Hague, et d'un tribunal pour juger les coupables. Dans la nuit du 7 décembre 1789, neuf contrebandiers avaient été saisis déchargeant du « faux sel « dans le port de commerce. On les conduisait à Valognes pour y être jugés, quand une émeute populaire les délivra aux portes de cette ville sous les yeux du Comité impassible (2). A Bayeux, le peuple excité contre Fleury, directeur des aides, se rua sur sa maison, l'en arracha et faillit lui faire un mauvais sort. Il eut grand peine à s'échapper de la ville en promettant de n'y rentrer jamais. Les paroisses furent convoquées par le Comité pour aviser au rétablissement des droits d'aides ; leurs assemblées s'opposèrent au retour des commis et demandèrent que les droits, perçus aux portes de la ville par le receveur du tarif, fussent dorénavant versés dans la caisse municipale W.
Les droits de coutume que les villes percevaient dans les halles et marchés avaient le même sort que les impôts royaux ; depuis le 4 août, les paysans n'en voulaient plus entendre parler. A la foire Sainte-Catherine, à Vire, en novembre 1789, des marchands de bœufs des environs de Condé refusèrent le « terrage » ou droit de coutume pour les bestiaux qu'ils exposaient au marché. Une rixe violente s'engagea entre eux et les préposés à la recette. La maréchaussée intervint, mais fut obligée de déguerpir devant la force numérique des récalcitrants, qui restèrent les maîtres du
(1) Arcli. cornm., Avranches. Registre des délibérations, 1er octobre 1789.
(■i) Ibid., Cherbourg, BB 11. Registre de correspondance. Cf. Arch. nat., D xxix 81. :») Ibid., Baveux, D i13 ,ls. Registre des opérations du comité national, 30 novembre au 3 décembre 1789. — Délibérations des paroisses de Bayeux, 3 décembre 1789. Ibid. (non inventorié).