‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 362 sur 511 · FORMATION SPONTANÉE DES GARDES NATIONALES · texte numérisé non relu

FORMATION SPONTANÉE DES GARDES NATIONALES

à s'armer. La nécessite' de défendre l'ordre public, qui avait amené la formation des Comités permanents, fit renaître an même moment les milices urbaines, mais avec un caractère nouveau. Partout, aux milices bourgeoises succédèrent les milices nationales.

Ce fut dans la dernière quinzaine de juillet que celles-ci commencèrent à se former. A Cherbourg, dans l'après-midi du 21 juillet, une assemblée tumultueuse réunie dans l'église Notre- Dame, demande à grands cris Dumouriez, maréchal de camp, et la création d'une milice nationale. L'émeute éclate presque aussitôt, mais de jeunes citoyens se joignent aux troupes régulières pour la réprimer et forment une compagnie de volontaires qui, le 22 et le 27 juillet vont battre la campagne à la recherche des bandits annoncés (*). A Caen, le 23 juillet, au lendemain des troubles pendant lesquels la milice bourgeoise a organisé des patrouilles, « une jeunesse généreuse s'enrôle sous le commandement de Faudoas, le chef vertueux et patriote qu'elle s'est choisi ». Dans chacune des paroisses se présentent des fusiliers, qui élisent leurs officiers. C'est par l'inscription volontaire que se forme la milice nationale nouvelle &K Le même jour, des délégués de la bourgeoisie de Bayeux viennent à Caen demander des armes au duc d'Harcourt pour le maintien du bon ordre ; le lendemain 24, la municipalité de Bayeux travaille à l'établissement « d'une milice bourgeoise destinée à la défense de la ville et des environs » :<>. Le 24 juillet, les échevins et notables de Carentan s'assemblent pour « établir sur une nouvelle constitution une milice volontaire, sous le nom de milice nationale ». Cette troupe nouvelle, différente de l'ancienne milice bourgeoise, n'aura que des chefs à son gré que la bourgeoisie est appelée à élire (*). A Vire, la milice bourgeoise refuse le 25 juillet, malgré les ordres réitérés de la municipalité, d'assurer le service de la ville. Une émeute populaire, qui éclate le 28 juillet, détermine les bourgeois à envoyer des députés à Caen pour réclamer des armes et des munitions ; ceux-ci reviennent avec des fusils, un baril de poudre et un poste de garde est aussitôt établi (5). A Granville, la milice bourgeoise apparaît aux réjouissances célébrées en l'honneur

(1) Arch. connu. . Cherbourg, BB 5. Registre des délibérations.

(2) Ihid.. Caen, BB 9* Registre des délibérations.

(3) ibid., Baveux, Dl12. Registre des délibérations.

(1 Ibid., Carentan. Registre des délibérations, 24 juillet 1789. 5J Ibid., Vire. Registre des délibérations, 24 juillet 1789. — Cf. ins. Séguin, p. H>.

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