‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 363 sur 511 · VARIÉTÉ DE LEUR ORGANISATION · texte numérisé non relu

VARIÉTÉ DE LEUR ORGANISATION

du 14 juillet ; elle s'organise « en corps subsistant » le 2 août, pour assurer le service de garde au port, au faubourg et dans la ville, et veiller à la sûreté publique <n. Valognes, Mortain, Avranches, Saint-Lô, Périers, Saint-Sauveur-le-Vicomte, La Hayedu-Puits, Torigni, Isigny, Condé-sur-Noireau, Tinchebrai, Villedieu s'arment dans le courant d'août (*). Au début de septembre 1789, il n'est pas une ville de Basse-Normandie qui n'ait sa garde citoyenne (3).

Qu'elles soient les aînées des Comités locaux ou leurs cadettes de quelques jours, les gardes nationales sont, comme eux, une institution toute spontanée, issue de l'initiative populaire. Elles apparaissent comme la première manifestation en armes de la Révolution contre ses ennemis.

Aussi n'attendent-elles pas pour se former un ordre venu d'en haut et une réglementation uniformément imposée. Leur organisation, très souple, offre la plus grande variété. Caen forme vingt-sept compagnies de cent hommes ; chacune a un capitaine, un lieutenant, un sous-lieutenant, quatre sergents et huit caporaux (VL Cherbourg se divise en vingt-deux quartiers et forme vingt-quatre compagnies, dont vingt-deux affectées à la garde de la ville et deux à celle du port ; chacune d'elles comprend un capitaine, un lieutenant, un sous-lieutenant, un sergent-major, deux sergents, six caporaux, quarante-deux fusiliers et un tambour (5). Avranches a neuf compagnies, Vire en a six, Torigni cinq, Carentan et Périers quatre. Granville désigne ses sept compagnies par les noms des jours de la semaine.

Dans mainte ville on voit s'organiser, à côté de la milice nationale, des compagnies franches de volontaires nationaux. Un corps de mousquetaires nationaux à pied et à cheval est créé à Caen le 30 juillet ; il comprend deux cents hommes répartis en quatre compagnies ; il assume la protection des campagnes et la

(1) Arch. comm., Granville. Registre des délibérations, 2 août 1789.

(2) Voir aux Arch. comm. de ces diverses villes.

(3) Des bourgs moins importants comme Bricquebec, Montebourg, Sainte-Mariedu-Mont, Cerisy-l'Abhaye, Cerisy-la-Salle, Tessy, Lessay, Duce}', de simples villages même comme Aubigny, Cormolain, Saint-Froniond, Quibou, Bérigny, Bréville, La Chapelle-Enjuger, Villiers-Fossard, Remilly, etc., imitèrent cet exemple. Voir Arch. comm. de ces localités et Arch. dép., Eure, série E suppl. non inventoriée. Chartrier du Champ de Bataille. Liste des livraisons d'armes faites du 1er juillet au 1er octobre parle garde d'artillerie de Saint-Lô aux nulices nationales de Basse-Normandie.

(4) Règlement du 7 août 1789. Arch. comm., Caen, BB 93.

(5) Règlement concernant la milice nationale, titre I, 4 novembre 1789. Ibid., Cherbourg, BB 5.

Page 1