‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 397 sur 511 · LA NORMANDIE DIVISEE EN CINQ DEPARTEMENTS · texte numérisé non relu

LA NORMANDIE DIVISEE EN CINQ DEPARTEMENTS

Les lignes d'eau y jouent un grand rôle. Le département oriental a pour limites la mer, la Seine, l'Andelle, l'Epte supérieure et la Bresle. Le département voisin est borné par la mer, la Seine et l'Andelle au nord ; à l'est par l'Epte inférieure et une ligne parallèle à l'Eure, menée du confluent de l'Epte à celui de l'Avre ; au sud par l'Avre ; à l'ouest par la Dives (*) : c'est le département de l'Eure actuel un peu élargi. Pour former les deux derniers départements, une ligne à peu près horizontale partageait le reste de la Normandie, quittant la Dives au confluent de l'Ante, passant au sud de Falaise et de Condé, au nord de Vire et se confondant avec le cours inférieur de la Sienne jusqu'à son embouchure (2).

Cette première division de la Normandie, qui n'exista qu'à l'état de projet, offre un intérêt purement historique. Dans le courant de novembre, un autre projet sembla prendre consistance. « Il est vraisemblable, écrivait le 23 novembre un député « du bailliage d'Evreux aux officiers municipaux de Bernay, « qu'il y aura six départements » (3). Les intérêts particuliers de certaines villes semblaient exiger ce nombre (4) ; l'intérêt général l'emporta. Le 12 décembre, les députés de Normandie se réunirent à Paris au couvent des Capucins, sous la présidence du duc de Coigny. Après examen de divers projets, soumis par le comte de la Chapelle, Thomas Lindet et Lecouteulx de Canteleu, l'Assemblée se décida par trente-sept voix contre dix-sept à adopter le plan de ce dernier, qui divisait la Normandie en cinq départements (5). Les cinq jours qui suivirent furent employés

(1) Il semblerait, d'après le tracé du croquis, que la Dives n'a pas été, jusqu'à son embouchure, une limite interdépartementale ; quelques communes du canton actuel de Dozulé : Saint-Samson, Bassenevillc, Brueourt et Dives, auraient appartenu au département occidental bien que situées sur la rive orientale de la Dives.

(2) La Normandie des trois généralités comprenait, au dire de Necker, 1635 lieues carrées. En retranchant les 240 lieues carrées que représentent le Vexin français, le Thimerais et le Perche, on obtient le chiffre de 1395 lieues carrées, c'est-à-dire la surface de quatre départements rigoureusement égaux, de 324 lieues carrées chacun. Ce calcul est un argument de plus en faveur de la véracité de ce document.

(3) Thomas Lindet, Correspondance, p. 19. — Le 28 novembre, Lindet écrivait aux mêmes : « On n'est pas d'accord sur la division en cinq ou six ; l'intérêt général doit l'emporter sur l'intérêt particulier... S'il n'y a que cinq départements en Normandie, on gagnera les frais d'administration d'un département et de ses districts, les frais d'une cour de justice, les frais d'un évêché et d'un chapitre. » Ibid., p. 23.

(4) Lisieux notamment, qui fit de pressantes démarches dans ce but. Ibid., p. 23. (b) D'après une lettre de Thomas Lindet aux officiers municipaux de Bernay, la

division en cinq départements était déjà décidée le 4 décembre 1789. Ibid., p. 27. — « La présente division générale de la Normandie et partie du Perche en départements a été adoptée et arrêtée par l'assemblée générale de la province, après la

Limite des départements

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PROJET DE DIVISION DE LA NORMANDIE en 4 Départements

29 Septembre 178p.

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