COUTAMES. CHEF-MEU PROVISOIRE DU COTENTIN
de s'en remettre à la décision de « la province » M. Dans l'intervalle de ces réunions, Vieillard se fit l'avocat de Saint-Lô, et se hâta de réfuter les arguments invoqués par Coutances en faveur de sa prééminence. Il invoqua la situation plus centrale de Saint- Lô, la facilité plus grande des communications avec tous les points du département, due aux voies nouvellement tracées, la proximité plus grande de Paris, c'est-à-dire des ordres du pouvoir central, la population supérieure de cette ville, l'immensité de son abbaye de chanoines réguliers, au moins comparable pour son étendue à celle des Dominicains de Coutances. Il invoqua enfin deux arguments d'un grand poids : l'Assemblée provinciale de Basse-Normandie avait projeté, dans son unique session, de transférer à Saint-Lô le siège de la Commission intermédiaire provinciale et, plus récemment, pour assurer l'exécution des décrets de l'Assemblée nationale sur la circulation des grains, c'est à Saint-Lô que venaient de se réunir les délégués des Comités permanents des villes du Cotentin, à l'exception de ceux du Comité de Coutances que ce choix avait blessé (?l.
Ce plaidoyer habile, dont Vieillard avait dû précipiter la rédaction, n'eut pas tout le succès qu'en attendait son auteur. L'assemblée des députés normands, qui réunit le 23 décembre quarante et un membres, sous la présidence de Coigny, travaillée sans doute par l'influence personnelle de l'évêque Talaru, accorda trente suffrages à Coutances, tandis que Saint-Lô n'en recueillit que dix (3;. Coutances fut ainsi déclaré chef -lieu provisoire.
En même temps que la division de la Normandie en départements s'opéra la division des départements en districts. Les appétits s'y montrèrent aussi ardents et beaucoup plus nombreux. Non seulement les chefs-lieux d'élection, et il y en avait neuf dans la généralité de Caen, mais encore ceux des subdélégations (Granville et Cherbourg), mais les sièges des bailliages ou de juridictions moins importantes demandèrent un district et un tribunal, tout au moins l'un ou l'autre, surtout à partir du jour où le Comité de constitution fit luire à leurs yeux la
(1) Procès-verbal de l'assemblée du Cotentin. 18 décembre 1789. Arch. nat., Div" 1, 1. 23.
(2) Réfutation de l'imprimé ayaiil pour titre « Observation* sur le chef-lieu du département de Cotentin ». pur Vieillard, député du Cotentin, habitant de Saini-Lô, imprimée, 15 p. Ibid., 1>ivMs 10. 1. 231.
(3) Procès-verbal de l'assemblée de la province de Normandie, 23 décembre \789, Ibid.. Divbisl, 1.23,