‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 413 sur 511 · PLAINTES QU'ELLE SOULÈVE. AJOURNEMENT DE LEUR EXAMEN · texte numérisé non relu

PLAINTES QU'ELLE SOULÈVE. AJOURNEMENT DE LEUR EXAMEN

but : d'une part, faciliter aux citoyens l'exercice de leurs droits politiques, sans leur imposer de trop lointains déplacements ; d'autre part, ne pas concentrer au chef-lieu de circonscriptions trop étendues des assemblées électorales trop nombreuses, causes de trouble et de confusion.

La formation des cantons donna naissance à d'assez nombreuses plaintes : rivalités entre plusieurs bourgs qui se disputaient le chef-lieu (M ; requêtes de communes proposant leur rattachement à un autre canton (2), ou demandant à se grouper pour former un canton spécial (3) ; réclamations de cantons qui se prétendaient mal arrondis (4), tout vint aboutir au Comité de constitution. L'Assemblée nationale ne voulut trancher aucune question, laissant ce soin aux futures assemblées administratives des départements et des districts, mieux éclairées sur les circonstances locales (5).

Le 7 janvier 1790, lorsque les cinq assemblées particulières eurent achevé leur travail d'abornement et de division, les députés de toute la province se réunirent en assemblée générale sous la présidence du duc de Coigny pour signer le « Procès-verbal de la division de la Normandie en départements et districts ». Cinq commissaires avaient été chargés de sa rédaction, un par département : Achard de Bonvouloir représentait celui de Cotentin, Delauney celui de Caen, Goupil de Prefelne celui d'Alençon, Thomas Lindet celui d'Evreux et Cherfils celui de Rouen. L'assemblée le reconnut « conforme aux déterminations prises par les assemblées des députés des départements » ; passant outre

(1) Rivalité du Bû-sur-Rouvre et de Saint-Sylvain ;'de Landelles et de Pontfarcy. Ces rivalités amenèrent parfois des luttes sanglantes. Le 6 décembre 1790, les habitants de Pontfarcy firent feu sur ceux de Landelles, venus sans armes pour l'élection du juge de paix. Il y eut un mort et soixante blessés, dont deux grièvement. Arch. nat., Divbis5, 1. 173.

(2) Demandes de sept paroisses entre Orne et Dives, qui sont rangées dans le canton de Dives, en vue d'être rattachées aux cantons de Ranville et de Troarn. Ibid.

(3) Requête de cinq paroisses : Croissanville, Canteloup, Bissières, Méry-Corbon Magny-le-Freule, en vue de former un canton spécial, 6 juin 1790. Ibid., Divns21, 1. 328.

(4) Réclamation des officiers municipaux de Ducey, qui désirent l'attribution à ce canton de quatre paroisses voisines rattachées à des cantons limitrophes (Pontaubaul, Valognes, Chalandrey et Saint-Aubin) et qui proposent en échange l'abandon de quatre paroisses excentriques (La Boulouze, Mesnil-Ozenne, Courtils et CrollonV Ibid.. Divbis10, 1. 231.

(5) Th. Lindet, Correspondance. Lettres des 2 avril et 5 mai 1790, p. 124 et 149. — « Tous les dits cantons provisoirement arrêtés, disent les procès-verbaux de démar-. eat:on. »

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