RÉSISTANCE AU PAIEMENT DES DROITS D 'OCTROI ET TARIF
l'expulsion de Fleury, directeur de la Régie, les assemblées des paroisses ont autorisé la perception des droits d'aides, boucherie, tannerie et autres y réunis, mais à condition qu'elle soit confiée aux commis de la ville et que le produit en soit versé dans une caisse municipale (l>. A Avranches, les employés des aides ont depuis longtemps abandonné leurs fonctions ; sans même attendre qu'on les menace, ils ont cessé « l'exercice », négligé la marque des cuirs et de la viande (3).
Les octrois des villes sont onéreux aux paysans, qui s'imaginent payer la taille des bourgeois ; les droits de tarif perçus sur les bestiaux amenés dans les marchés ne se lèvent plus qu'au prix des plus grandes difficultés ; à Mortain, à Vire, plusieurs marchands de bœufs résistent et font scandale ; ils veulent « qu'on leur montre pourquoi ils doivent » (<3K L'amende et la prison exaspèrent les résistances : un appel aux campagnes n'est pas plus efficace. De guerre lasse, sur la proposition du maire, l'assemblée des citoyens actifs de Vire, réunie le 25 mars 1790, supprime la perception des droits (4l. C'est en vain que l'Assemblée nationale a décrété à nouveau le 28 janvier le maintien provisoire des aides et droits y réunis, qu'elle a confié le 23 février la surveillance de la levée de ces impositions à la vigilance et au zèle des municipalités nouvelles ; celles-ci manquent de force et d'audace et, trop souvent désireuses d'acheter l'ordre à tout prix, prêtent aux délinquants l'appui de leur tacite complicité.
Bien que le moment soit peu propice à une restauration des droits, le gouvernement la tente. Une lettre assez vague du contrôleur général aux municipalités (5) précède de quelques jours l'arrivée en Normandie d'un commissaire des guerres, Pomiès, « chargé de prendre toutes les mesures pour le rétablissement des fermes et de la régie générale » (ô). Le 24 mars, Pomiès présente ses pouvoirs aux officiers municipaux de Caen ; il pro-
(1) Arch. comra., Bayeux, Di13 bls. Registre des opéralions du Comité général national, 3 décembre 1789. — Ibid., Z24. Délibérations des paroisses de Baveux sur cet objet.
(2) Ibid; Avrancbes. Registre des délibérations, 16 avril 1790.
(3) Ibid., Vire. Registre des d libérations, 19 février 1790.— Mêmes refus à Mortain dès le mois de décembre 1789. Ibid., Mortain. Registre des délibérations, 5 décembre
(4) Ibid. s Vire. Registre des délibérations* 25 mars 1790.
(5) Lettre du contrôleur général Lambert atix officiers municipaux, 16 mars 1790. Ibid., Caen, carton é8<
(6) Lettres du comte de Snint-Priest et de Lambert aux mumea, «1 et «3 mars 1790. Ibid,