ACCUEIL QUE LEUR FONT LES DÉPARTEMENTS
ambassadeur extraordinaire de sa ville auprès de l'Assemblée nationale, s'était fait à Paris de puissantes protections, il y gagna son brevet de commissaire (1). Quant à Bayeux, appelé de Rouen à Paris par Necker, qui l'avait nommé commis au ministère des finances, puis en avait fait son secrétaire et son confident, il fut adjoint aux trois premiers commissaires du Calvados à la requête expresse de la municipalité de Caen, qui espérait profiter de ses relations et de sa grande influence (2).
Des nominations faites avec un souci aussi évident de ménager les convenances locales ne pouvaient qu'être favorablement accueillies. Lorsque les commissaires du Calvados présentèrent leur commission à l'hôtel de ville de Caen, les officiers municipaux se félicitèrent que le choix du roi se fut porté « sur des citoyens de leur ville qui dans tous les temps avaient captivé l'estime et les suffrages de ses habitants » (3). La municipalité de Coutances écrivit aux commissaires de la Manche qu'elle étaii « heureuse d'ordonner la transcription sur ses registres d'une commission inscrite dans tous les cœurs » (4). Le concert d'éloges ne fut pas sans notes discordantes. Les officiers municipaux de Bayeux regardaient « comme un grand mal que les quatre com missaires du roi fussent de Caen » et leur prêtaient de mauvais desseins à l'égard des campagnes <5). A côté des jaloux, les commissaires rencontrèrent des tièdes et des malveillants. Il leur arriva d'en trouver parmi les anciens administrateurs qu'ils venaient déposséder. Ceux du Calvados portèrent plainte à la Commission intermédiaire provinciale contre le procureur syndic du département de Caen, Costy, qui, disaient-ils, conseillait aux municipalités de ne point les reconnaître. Costy, en se défendant de toute intention hostile, ne nia point que plusieurs communes
(1) Lettré des officiers municipaux à Signard d'Ouffières el Bougon Longrais, 29 févrter 1790. Arch. coiiim., Caen. Registre de correspondance.
(2i Lettre de Vendœuvre à Xeeker, 19 février 1790, exprimant le désir de la municipalité de voir Bayeux nommé commissaire adjoint : « Né dans cette ville, qu'il honore par votre confiance, ses talents et les services qu'il a désiré de nous rendre. c'est lui procurer les moyens de servir ses concitoyens sous de nouveaux rapports. » Ibid. Autre lettre des officiers municipaux à Signard sur le même sujet, le 11 mars 1790, date a laquelle les commissions du G mars n'étaient point encore publiées. Ibid.
(3) Lettre des officiers municipaux de Caen aux commissaires du roi, lor avril 1790. Arch. dép , Calvados, s 'rie L non inventoriée.
(4) Lettre de Duhamel, officiel' municipal de Coutances aux commissaires du roi. Ibid., Manche, série L non inventoriée.
(5) Lettre des officiers municipaux de Bayeux à Wimpfen, 29 mai 1790. Arch. comm., Bayeux. Registre de correspondance.