‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 463 sur 511 · ÉCLAT DE LA FETE DANS LES VILLES · texte numérisé non relu

ÉCLAT DE LA FETE DANS LES VILLES

plus éclatante. Les citoyens de Longvillers se rendirent en foule à Villers-Bocage (!) ; les municipalités et les gardes nationales de Cosqueville, Angoville, Vrasville et Rhétoville, drapeaux déployés, écharpes flottantes, musique et tambours en tête, se rassemblèrent sur la place du marché de Saint-Pierre-Eglise, où les citoyens de cette localité leur firent un fraternel accueil (2). En maints endroits, les fêtes se terminèrent par un feu de joie, un banquet populaire, une quête au profit des pauvres (3).

Dans les villes chefs-lieux de district ou de département les fêtes se déroulèrent avec le même cérémonial, mais avec plus d'éclat. Les officiers des juridictions, bailliage, élection, eaux et forêts, consulat, amirauté, etc . . . , figuraient dans le cortège à la suite du corps municipal ; les membres des administrations, tout récemment élues, y prirent place, tel le Directoire du Calvados, nommé le matin même du 14 juillet W. Les gardes nationaux y étaient encadrés par les cavaliers de la maréchaussée et les soldats des troupes royales de garnison ; le régiment d'Aunis à Caen, celui de Lorraine à Bayeux, les équipages de la marine à Cherbourg formaient une masse armée assez imposante. Aux musiques des corps militaires et aux sonneries vibrantes des clochers, répondaient les canons des forts ou ceux des vaisseaux de guerre mouillés en rade. Le décor était, selon les villes, gracieux ou grandiose : la place Beaudange à Avranches &, la place Royale à Caen, vaste carré entouré d'édifices aux lignes sévères, encadraient heureusement les troupes royales et les milices citoyennes (6). A Cherbourg, l'autel de la patrie, surmonté d'un baldaquin que soutenaient huit colonnes torses, bariolées aux couleurs de la nation, avait été élevé dans l'enceinte du

(1) Arch. comm., Longvillers. Registre des délibérations.

(2) Ibid., Saint-Pierre-Eglise. Registre des délibérations.

(3) A Bricquebeo toutefois, la fête est troublée par une rixe sanglante et « des scènes affligeantes marquent le plus beau jour qui ait éclairé l'Empire Français ». Lettre du procureur de la commune à l'Assemblée nationale, 29 juillet 1790. Arch. nat., Div 41.

(4) On y voit aussi figurer, à Vire, les membres de la nouvelle « Société des amis de la Constitution », fondée le 6 juin précédent, et déjà affiliée à la Société des Jacobins de Paris. Cette Société, forte de 181 membres et présidée par l'avocat Cailly, avait pour but « de développer, défendre et propager les principes de la Constitution française décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée parle roi, et généralement de contribuer au progrès du patriotisme et de l'art social ». Butet-Hamel, La Société populaire de Vire pendant la Révolution, Bulletin historique et philologique, 1906, p. 7.

(5) Arch. comm., Avranches. Registre des délibérations, 14 juillet 1790.

(6) Ibid., Caen, carton 36. Procès-verbal de la Fédération du 14 juillet 1790 à Caen, ms., 4 p., et Cérémonial du 14 juillet, ms., 1 p.

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