LES BANALITÉS DE MOULIN, FOLR ET PRESSOIR
— Ces corvées ont toutefois disparu dans beaucoup de paroisses exemples à Authie, Venoix, Aignerville, Engran ville, etc. — Arch. dép., Calvados, C 5479, 5721, 5297 et 5351.
Sur les banalités de moulin, four et pressoir.
«Les banalités tant de moutures, fours que pressoirs favorisent les vexations et concussions que trop ordinaires de ceux qui les font valoir. »(Bricqueville-la-Blouette). — «Que les vassaux auront la liberté de moudre tout grain où bon leur semblera, sans être tenus de suivre la banalité. ..»(Ouville).— «Les paroissiens supplient d'abolir la banalité des moulins ou d'astreindre les meuniers à des lois strictes et tranquilles pour les banoniers (sic), qui se trouvent déjà trop lésés du seizième qu'ils sont obligés de payer.» (Saint-Malo-de-la-Lande). — « Il est un droit banal dans cette paroisse, lequel est extrêmement à charge aux habitants. Il est relatif au moulin nommé de la Chevalerie ; soit que l'eau y manque dans l'été par la sécheresse, ou dans l'hiver à cause des glaces, ou qu'il se trouve noyé par des crues d'eau, on n'est pas moins obligé d'y porter et laisser séjourner en dépôt pendant 24 heures les grains destinés à faire farine, avant de les transporter dans une autre usine pour pouvoir s'en procurer ; on court à ce moyen le danger de les retirer dénaturés, ou, si les besoins sont urgents et qu'on manque aux formalités pour procurer du pain assez tôt à sa famille, on s'expose à une amende perçue et exercée avec la dernière dureté. » (Saint-Romphaire). — « Comme nous avons trop peu de moulins à faire farine, et que l'on en souffre beaucoup, surtout dans les années que les eaux sont bien des fois faibles, et surtout cette année, nous avons vu des familles nombreuses être huit jours sans pain, ne pouvant pas faire moudre leur blé. » (Helleville). — « On fera connaître [au roi] qu'il est bien dur à un malheureux d'être obligé de faire moudre son blé chez un meunier qui le vole, et cela parce que le seigneur l'assujettit à cette redevance. » (Surtainville). — «Le droit de banalité, auquel toute notre paroisse est sujette, est la plus singulière et la plus criante vexation des seigneurs envers leurs vassaux. Un malheureux laboureur, épuisé, pour ainsi dire, par toutes les charges auxquelles son petit territoire est assujetti, est encore obligé et contraint de faire moudre le peu qui lui reste pour sa