‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 83 sur 511 · LES BUREAUX DE L'INTENDANT · texte numérisé non relu

LES BUREAUX DE L'INTENDANT

dut faire exécuter pour plus de 13,000 livres de travaux afin de rendre habitable « le taudis appelé hôtel de l'Intendance » (1).

C'est dans cet hôtel de la rue des Carmes que l'intendant avait établi ses bureaux, depuis 1769. Ils ressemblaient à ceux de nos préfectures. A leur tête se trouvait un premier secrétaire de l'intendance, prédécesseur du secrétaire général des préfets d'aujourd'hui. Sous Fontette, il y eut à Caen un subdélégué général, le néfaste Malafait, dont l'administration fut détestée et qui contribua à la disgrâce de son chef (2). Depuis 1775, le premier secrétaire était Guyard, avocat qu'Esmangart avait amené de son intendance de Bordeaux, et que ses successeurs avaient conservé (3). Il devait exercer ses fonctions jusqu'aux premiers jours de la Révolution, avec des appointements d'environ 5,000 livres '4). Au-dessous de lui, les bureaux, dont le personnel avait augmenté depuis quelques années, par suite des exigences croissantes du service, comprenaient en 1787 douze secrétaires et commis, jouissant de traitements échelonnés entre 600 et 4,000 livres. Les employés trop âgés ou infirmes recevaient une pension annuelle de 600 livres prises sur les fonds libres de la capitation (5).

Ces bureaux étaient chargés de la correspondance administrative que l'intendant entretenait, d'une part, avec le contrôleur général, le ministre de la province et les divers ministres (6>, et

(1) Lettre de Cordier de Launay à M. de Villedeuil, mai 1787. « Je suis, écrivait-il, dans une humeur inconcevable de n'être pas logé, et, tranchons le mot, de ne pouvoir jamais l'être dans la maison que M. de Fontette a si mal à propos vendue au roi et affectée à l'intendance... J'aime beaucoup M. et Mme de Fontette, mais, comme je suis forcé de le dire et comme tout le monde ici le crie, il n'est pas permis à un administrateur, pour le petit intérêt personnel, de se défaire d'une maison, d'affecter à un homme public une habitation non seulement archimalsaine, mais encore si petite, si mal tournée, qu'il est de toute impossibilité d'y demeurer les deux tiers de Tannée et d'y tenir en aucun temps l'état ni la représentation convenable. » Arch. nat., H1 1408.

(2) F. Mourlot, L'Intendant Fontette, op. cité, p. 14.

(3) Arch. dép., Calvados, C 231.

(4) Ibid., C 229. Guyard devint, en 1789, receveur des tailles de l'élection de Valognes. Ibid., C 2805. Lamy Desvallées, qui le remplaça pendant les derniers jours de l'intendance, était le frère cadet de Michel-Louis Lamy, député du Tiers état du bailliage de Caen aux Etats généraux de 1789.

(5) Arch. dép., Calvados, C 229.

(bj L'administration de la Normandie (bureau de Pétigny de Saint-Romain) ressortissait en 1787 au département des affaires étrangères ; voir Inventaire du ministère des affaires étrangères : France, affaires intérieures, n° 1401-1403. — L'année suivante, on la rattacha au secrétariat d'Etat de la maison du roi qui eut pour titulaires successifs le baron de Breteuil, Laurent de Villedeuil et le comte de Saint-Priest. Voir Almanachs royaux de 1787 à 1790.

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