MUNICIPALITÉS URBAINES ET COMMUNAUTÉS RURALES
en faisaient fonction. Les fournitures nécessaires -pour le transport des troupes, pour leur casernement : voitures, bêtes de somme, lits militaires ; le dénombrement des garde-côtes, la levée de la milice, la police des déserteurs et des hôpitaux militaires, le service de la maréchaussée; en un mot, les mille détails d'une administration très compliquée absorbaient tous leurs instants (*).
L'extension progressive des attributions des subdélégués avait fait de ceux-ci les chevilles ouvrières de l'administration provinciale à la fin de l'Ancien Régime. Leur tâche avait quadruplé, si l'on en croit l'un d'eux, le subdélégué de Vire (2). Aussi, en plus d'un endroit, se faisaient-ils aider par des secrétaires. A Saint- Lô, le secrétaire de Robillard exerçait ces fonctions depuis 1741, .et il avait succédé à son père qui occupait cet emploi depuis 1721 (3). A Avranches, Boudent était à la fois greffier de l'élection et de la subdélégation (4). Ces commis, choisis par les subdélégués, étaient, en général, exempts de capitation, des corvées, des droits d'aides et du logement des gens de guerre (5\
Entre les onze subdélégations de la généralité se répartissaient 1,214 paroisses, d'inégale importance : villes, bourgs et villages. Une douzaine de villes à forme municipale, dont les constitutions respectives, unifiées par l'édit de juillet 1766, avaient été diversifiées par des règlements particuliers ultérieurs, et 1,200 communautés rurales, pourvues d'organismes encore rudimentaires et enfermées dans les étroites bornes d'une vie exclusivement locale, telles étaient au début de 1787, les dernières « molécules administratives de la généralité ». Il n'y avait aucune circonscription intermédiaire entre la subdélégation d'une part, les municipalités urbaines et les communautés rurales d'autre part. Les subdélégués correspondaient directement avec les officiers municipaux et avec les syndics paroissiaux. Les maires, chefs des municipalités, étaient nommés par le roi sur une liste de trois membres proposés par les hôtels de ville ; il est probable que
(1) Voir les lettres de Demortreux, subdélégué de Vire, du 28 mai 1780, et de Robillard, subdélégué de Saint-Lù, du 18 mars 1781. Arch. dép., Calvados, C 231. .• (2) « Je ne crois pas dire trop en disant que j'ai la subdélégation la plus surchargée et la plus attachante, et que je n'ai pas un seul jour tranquille ; mon travail, par l'extraordinaire, est quadruple du précédent. » lbid., ibid.
(3) Lefauqueux de la Besnardière, greffier de la subdélégation de Saint-Lô, demanda, en raison des soixante-neuf ans de services accomplis par son père et lui, une gratification à l'Assemblée nationale, le 2 juillet 1790. Arch. nat, Dvi 38, 1. 554. Cf. Arch. dép. Calvados, C 6289.
(4) Arch. dép., Calvados, C 7647. Yvert était greffier de la subdélégation de Caen, et Basley de celle de Baveux. Ibid., C 6916 et 9446.
C>) Ibid., C 7647.