Ouvrage cité, t. II, p
ment le mandataire de la Profesa, qu'il ne cessa, d'ailleurs, d'être d*accord avec elle et qu'elle voulait l'indépendance. Son plan n'a jamais été limité à l'abolition de la Constitution, jamais il n'a voulu rétablir l'absolutisme. Dès le début, il veut faire du Mexique une monarchie constitutionnelle. L'acte de proclamation de l'indépendance, qui est un programme détaillé, fut inspiré, et probablement rédigé en partie, par un avocat, Espinosa de los Monteros, une des plus hautes intelligences de cette époque; dans tous les cas, il fut soumis à son approbation. Or Espinosa de los Monteros était un des membres les plus actifs et les plus influents de la Profesa.
Hubbard ignore peut-être que l'un des deux chanoines directeurs de la Profesa dont il parle était le P. Monteagudo, « inquisiteur honoraire )>, que les premières réunions des conjurés eurent lieu dans sa chambre, à l'oratoire de Saint-Philippe de Néri, et qu'il était pleinement d'accord avec Ilurbide pour travaillera l'émancipation du Mexique. D'autre part, en février 1S21, les députés mexicains aux Gortès, se trouvant à Veracruz sur le point de s'embarquer pour l'Espagne, furent convoqués par le supérieur d'un couvent qui leur donna connaissance de l'acte proclamant Tin-
dépendance, lequel n'était pas encore rendu public ^
Enfin, tout le haut clergé national était acquis d'avance à cette cause. La prestation du serment, par les officiers et les troupes, de combattre pour l'indépendance fut une solennité religieuse suivie d'une messe d'actions de grâces et d'un Te Deum.
Et tout cela prouve qu'Iturbide ne trahit pas les cléricaux et que ceux-ci voulaient bel et bien l'émancipation de leur pays, qui d'ailleurs eût été impossible sans eux.
D'après des témoignages contemporains dignes de foi, en particulier celui de Filisola, général italien au service de l'Espagne, Iturbide était partisan de l'indépendance avant 1820, alors qu'il luttait contre les insurgés ; mais il estimait qu'il fallait d'abord réduire à l'impuissance les bandes de brigands qui faisaient une guerre d'extermination et les derniers imitateurs des curés sanguinaires du début. Ce n'est qu'après avoir atteint ce but qu'on pourrait songer à effectuer un accord national entre une partie des insurgés, anciens combattants pour la patrie et non pour l'anar-
1. Lucas Alaman : ouvrage cité, t. V, p. 61, 87. L'historien L. Alaman était un de ces députés.
chie, et les troupes mexicaines restées fidèles à l'Espagne i.
Dès que le plan est arrêté, Iturbide le communique à d'autres officiers, Mexicains comme lui, et les convertit à la cause. Quand le moment sera venu, les officiers entraîneront leurs troupes, également mexicaines. Des Espagnols adhéreront au mouvement ; notis verrons pour quelles raisons.
En février 1821, il a en mains un nombre suffisant d'officiers et de soldats. Il marche alors contre le chef insurgé Guerrero, sous prétexte de lui livrer bataille ; mais il se fait précéder d'émissaires et finit par s'entendre avec lui.
La Proclamation d'indépendance est connue sous le nom de Plan dlguala, du nom de la ville où elle eut lieu le 1^^ mars 1821. L'article 1" déclare que la religion de la Nouvelle Espagne « est et sera la catholique, apostolique et romaine, sans tolérance d'aucune autre » ', le second que « la Nouvelle Espagne est indépendante de l'ancienne » ; le troisième que son gouvernement sera une monarchie constitutionnelle ; le quatrième est ainsi conçu : « Son empereur sera le seigneur don Ferdinand VII et, s'il ne se présente pas dans les