‹ La fin de l'empire espagnol d'AmériqueChapitre 32 sur 35 · Ouvrage cité, t. II, p · texte numérisé non relu

Ouvrage cité, t. II, p

qui prouve une fois de plus cette vérité, que tant d'historiens ignorent ou s'obstinent à cacher : ce fut surtout une guerre entre Américains, et l'Espagne aurait été dans l'impossibilité de la soutenir par ses propres ressources.

Dans un rapport au conseil de Régence (7 décembre 1821) Iturbide reconnaît qu'il a triomphé sans efforts et que son armée a marché comme sur des tapis de roses. Il n'a qu'à paraître pour que les portes des villes s'ouvrent ; le clergé, évêque en tête, vient audevant de lui et le conduit à la cathédrale, où un Te Deum est chanté. Les honnêtes gens, délivrés du cauchemar que les criminels de l'anarchie et les capitaines de brigands avaient fait peser si longtemps sur le pays, se livrent en public aux transports d'une joie délirante. Iturbide est obligé, à chaque instant, de paraître au balcon de la maison où il loge, — dans les chefs-lieux de diocèse c'est ordinairement à l'évêché, — et une des premières choses que le peuple lui réclame à grands cris est le rappel des jésuites. A peine le premier Congrès de l'empire mexicain sera-t-il installé (février 1822) que de nombreux députés se lèveront pour demander aussi ce rappel, car, diront-ils, c'est en partie à cause des jésuites que le Mexique s'est séparé de l'Espagne.

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Mais pour rendre l'indépendance effective, il fallait s'emparer de la capitale, y établir un gouvernement régulier et y convoquer ce Congrès. Ici, nous devons citer encore une phrase de M. Seignobos qui nous permet de saisir sur le vif une méthode historique et les procédés qui s'y rattachent :

« La garnison de Mexico se souleva et déposa le vice-roi ; un Congrès proclama l'indépendance du Mexique ^ »

M. Seignobos continue d'inventer des faits, qui sont erronés, mais conformes aux lois de la révolution-type. D'après une de ces lois, applicable aux pays hispano-américains, terres de pronunciamientos, les soldats doivent se soulever, déposer le vice-roi ou le président, et ensuite un Parlement, légalisant la situation, reconnaît ou proclame le nouveau. Dès lors^ à quoi bon perdre son temps en recherches inutiles dans les archives ou dans les œuvres des historiens réputés véridiques ? Les faits ne peuvent pas contredire les dogmes ! Malheureusement pour M. Seignobos, ils les contredisent.

En juillet 1821, le vice-roi Juan Ruiz de Apodaca, comte del Venadito, est déposé par les officiers et les soldats de la garnison de

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