Ouv. cité, t. VI, p
3. Il est de mode d'écrire que l'Inquisition fut un instrument politique entre les mains du pouvoir royal. Des catholiques libéraux soutiennent cette thèse afin de diminuer ce qu'on appelle les terribles responsabilités de l'Eglise. C'est pour cela que tant d'historiens, sans
arrestations, les propagandistes sont jugés et condamnés par les tribunaux ordinaires, ou expulsés, car ils ne se contentent pas de répandre, par des écrits, des idées qui, à dire vrai, n'étaient pas bien nouvelles, puisqu'elles étaient professées en Espagne et en Amérique depuis le seizième siècle, mais ils travaillent aussi au renversement du régime existant. En octobre 1795, deux navires de guerre emmènent de Véracruz à Cadix vingt et un Français, et quarante-cinq en mai de Tannée suivante *. Le nombre des arrestations est considérable pen-
prendre la peine d'aller aux sources, font intervenir l'Inquisition dans des événements dont elle ne se mêla point. La séparation des pouvoirs est complète. Ajoutons cependant que quelques révolutionnaires français furent poursuivis par l'Inquisition, mais seulement pour crime d'hérésie, et aucun ne fut condammé à mort. Un délégué du pouvoir civil assiste à un autodafé à Mexico pour recueillir en un procès- verbal ce qui, dans les déclarations des témoins, concerne les questions politiques. Cet autodafé eut lieu en août 1795, dans une église, comme beaucoup d'autres {Archives des Indes, pap. de Estado, Mexico, leg 5). Un autodafé dans une église l Mais elle dut être incendiée, dira-t-on.
« Autodafé, écrit Littré : exécution, par le feu, d'un jugement rendu par l'Inquisition contre un hérétique. »
Cette définition, qu'on trouve dans les 99 pour 100 des dictionnaires, est fausse, et si, pendant dix siècles, elle était répétée dans tous les dictionnaires, elle n'en resterait pas moins une erreur.