‹ La fin de l'empire espagnol d'AmériqueChapitre 6 sur 35 · Archives des Indes : Pap. de Estado, Mexico, leg. 4 et · texte numérisé non relu

Archives des Indes : Pap. de Estado, Mexico, leg. 4 et

dant ces deux années 1795 et 1796. Puis Tagi talion, en somme toujours superficielle, décroît. En 1797 elle est à peu près nulle. La propagande en faveur de l'émancipation est faite alors par des Américains, non plus au nom des principes révolutionnaires mais contre eux.

En cette même année 1797, le Vénézuélien V Miranda, général dans les armées de la Repu- | blique française, s abouche avec deux jésuites sud-américains expulsés, José del Pozo y Sucre et Manuel José de Salas, et avec le fameux Pablo de Olavide ; ils prennent le titre de « commissaires de la Junte des députés des villes et provinces de l'Amérique méridionale ». Le 22 décembre, Miranda et les deux jésuites rédigent à Paris un manifeste-programme dans I article premier duquel on lit que les provinces hispano-américaines « ont unanimement résolu de proclamer leur indépendance » . On y trouve un projet d'alliance défensive entre l'Angleterre, les Etats-Unis et l'Amérique méridionale. « On pourrait dire avec confiance, ajoutent les conspirateurs, que c'est le seul espoir qui reste à la liberté audacieusement outragée par les maximes détestables avouées par la république française . )> Par une lettre datée de Londres le 24 mars 1798, Miranda soumet au président de la république des Etats- Unis, en sollicitant son appui, un plan de

constitution pour l'Amérique espagnole dont il veut faire une monarchie parlementaire- « Telle est, conclut-il, la forme de gouvernement qui paraît réunir la majorité des suffrages sur le continent hispano-américain... Elle nous préservera sans doute des conséquences fatales du système républicain français que Montesquieu appelle la liberté extrême. » Miranda, girondin, franc-maçon, fait alliance avec les jésuites pour émanciper sa patrie ; il ne cesse de répéter que le régime qu'il veut instaurer sera le contraire de celui de la France antilibérale et antireligieuse. Dès qu'il rentre au Venezuela pour soulever la population, il adresse aux évêques des lettres pleines de respect *, et comble les curés de flatteuses attentions .

C'est que, si quelques patriotes admirateurs de Voltaire et de Rousseau avaient mis leur enthousiasme et leurs espoirs dans l'aurore de 1789, les excès de 1793 et la guerre à la religion avaient excité une telle indignation et tant de craintes dans toute l'Amérique, y compris la république des Etats-Unis, que Miranda, révolutionnaire au sens européen du mot, se rendait compte que des millions d'Américains préféreraient la mort à un gouvernement antireligieux. Aussi, à partir de l'année 1809 où

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