Buts de l’Union monétaire
Le préambule de la Convention monétaire conclue le 23 décembre 1865 reflète clairement l'esprit internationaliste du Second Empire. Îl est ainsi rédigé:
« La Confédération suisse, Sa Majesté le Roi des Belges, Sa Majesté l'Empereur des Français et Sa Majesté le Roi d'Italie, également animés du désir d'établir une plus complète harmonie entre leurs législations monétaires, de remédier aux inconvénients qui résultent pour les communications et les transactions entre les habi-
(1) Paillard, La Suisse et l'Union Monétaire latine, Alcan, Paris et Payot, Lausanne, 1909, p. 24.
tants de leurs Etats respectifs, de la diversité du titre de leurs monnaies d'appoint en argent, et de contribuer, en formant entre eux une Union monétaire, aux progrès de l’uniformité des poids, mesures et monnaies, ont résolu de conclure une convention à cet effet » (1).
Le but pratique, de l'Union était le rétablissement de l'intercirculation des monnaies divisionnaires d'argent au titre de 835 millièmes, puis l'uniformisation des poids, mesures et monnaies. L'Union était considérée comme un premier pas vers l'unification universelle des monnaies.
Des pourparlers eurent lieu en 1867 entre la France d'une part, l'Autriche et le Saint-Siège d'autre part. Seule la Grèce adhéra à la Convention en 1868, l'Espagne et la Roumanie virent leurs candidatures écartées. Mais de nombreux pays adoptèrent librement le franc de l'Union: la Roumanie, la Bulgarie, la Serbie, la Finlande, la Crète, la plupart des républiques de l'Amérique du Sud et du Centre. La guerre de 1870 mit un point final à cette expansion.
On pensait finalement que l'Union serait un régulateur suffisant des changes entre ses signataires, bien que cette opinion n'eût jamais été officiellement avouée. Elle fut pourtant soutenue par Egner dans un ouvrage très documenté: « Der Lateinische Münzbund seit dem Weltkrieg » (p. 34): « Man wolle mit Hilfe des Bundes eine Erleichterung des zwischenstaatlichen Zahlungsverkehrs durch Stabilisierung der Wechselkurse erreichen ». Nous verrons par la suite que l’intercirculation des monnaies n’appoïta que des difficultés et ne pouvait pas être un facteur de stabilisation des changes.