HÉLOISE, MARIE LA FRISÉE
MAItAME PRINTEMPS, ontiaiit avec un panier.
Là, j'ai pris mon panier, et j'espère que le garçon y a tout mis... Où va-t-on poser tout ça ?
LUCIE, se soulevant un [leu.
Sur la table.
MARIE LA FIUSÉE, à Héloïse.
A nous deux ! (Elles portent le g'uéridon devant la chaise longue.)
LA GRANDE ADÈLE, éeartant les fioles à potion. Faut faire de la place. (Les antres apportent les bouteilles et les verres, que la concierge leur))asse.)
L'AUTRE ADÈLE, à un heurt .le bouteille.
Attention ! hé î... pas de malheur !
MADAME PRINTEMPS, quand le panier est vUle.
Bon ! tout y est bien... Et, maintenant, y a plus qu'à
s'asseoir. (Elles apportent des chaises.)
LA GRANDE ADÈLE, s'asseyanl an pied de la chaise longu».
Moi. je suis très bien là.
LUCIE, à la concierjje.
Faites les honneurs, madame Printemps.
L'AUTRE ADELE, pendant que la concierge lui verse du madère.
Qu'y a-t-il dans ce grand pot jaune ?
MADAME PRINTEMPS, k l'antre Adule.
De la tisane de bourgeons de sapin. (Reprenant.) Tenez,
LA FIN DK LUCIE PELLKGIKN. 2')
je n'ai pas oublié vos galcaux... (i/.uiin' Adùio chficii.î «les yeux.) Dans ce sac, à côté de Fiiuile de foie de morue.
(Ello ronlinuo à versor.)
L'AUTUE ADÈLE, ouvrant \o sac
Des brioches ! Moi qui les aime laiU !... Merci.
MARIE LA FRISÉE
Tu sais, y en a pour tout le monde. (Eiie on prend deux.)
LA GRANDE ADÈLE, élevant son verre, à Lucie.
A ta santé, ma chère !
HÉLOISE, même jeu.
A ta santé.
L'AUTRE ADÈLE, même jeu.
A la vôtre, madame Lucie.
LUCIE
Et moi ? je vous regarde !
L'AUTRE ADÈLE, la bouche pleine.
Je vous recommande le madère.
LUCIE, présentant son verre.
Non, madame Printemps va me faire une absinthe...
Elle sait ce qu'il me faut. (M'"« Printemps lui fait son absinthe.)
Encore... encore... N'ayez donc pas peur! (Élevant sou
son verre à deux mains, elle trinque avec tout le monde). A VOtrC
bonne santé! (un peu d'absinthe se r(:pand.) Faites pas atten tion... Ça nettoie.
MARIE LA FRISÉE, élevant son verre dans la direction de l'alcAve.
Miss, h la tienne !... Tu veux goûter, dis ?
HÉLOÏSE
Elle aimerait mieux du sucre.
MARIE LA FRISÉE
Dame ! qui sait, elle pourrait avoir une envie...
l'autre ADÈLE.
Oh ! les envies... Dans sa position, moi qui ne peux pas souffrir le homard, j'en ai mangé un, tout entier.
HÉLOÏSE
Moi, c'était de la salade... des cornichons... Depuis, ça m'est resté !
LA GRANDE ADÈLE
Et vous, madame Printemps, vous en avez eu des envies?...
LUCIE, souriant.
Je crois que maman Printemps, dans ces momentslîi, avait surtout soif...
MADAME PRINTEMPS, vivomont.
Oui, de sirop de U:rOSeille... pur! (Remuant le sucredeson
^Tog.) Et j'avais aussi envie de me ballader tout un jour... en robe blanche... avec une botte de verdure et de roses naturelles sur la tête.
LA GRANDE ADÈLE
Poïésie !
IIÉLOÏSE.
Tais-toi, mon cœur!
MARIE LA FRISÉE
Dans mes bras, la rosière ! (Explosion de joie, bravos, fous rires. Toutes font mine d'embrasser la concierge, qui se débat, pendant que Lucie vide son verre et se verse une seconde absinthe.)
MADAME PRINTEMPS, se rajustant.
C'est pas tout ça... y a personne à ma loge et l'on dévaliserait bien la maison... Merci de vos politesses, mesdames, aune autre fois! (EUe sort).