‹ La fin des dieuxChapitre 109 sur 130 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

terre sacrée par le souvenir des frères du Seigneur : sur le littoral de la Camargue, l'église crénelée des Saintes-Mariés marque l'endroit où toucha terre la nef miraculeuse ; l'image des deux Maries est sculptée dans une roche friable des Baux ; le souvenir de leur passage est partout, à Arles où prêcha Trophime, à Marseille où s'établit Lazare-le-rescussité, àTarascon où Marthe enchaîna la Tarasque, à la Baume où Marie-la-Madeleine pleura ses péchés jusqu'à la mort, voilant sa fatale nudité de ses cheveux blonds qui avaient essuyé les pieds du Seigneur.

TERPANDRE

Légendes que tout ceci ! Par quel courant une barque syrienne serait-elle entraînée vers le golfe de Lion ? Comment aurait-elle pu aborder au rivage tout récent des Saintes-Mariés ? Si tu ne crois pas à la Chimère que tua Bellérophon, le favori de Jupiter, quelle foi aurai-je en cette Tarasque que Marthe conduisit comme un agneau, son chapelet au cou ? Tu ne sais seulement pas, moine, si Madeleine

était bien la femme inconnue aux parfums. Ces souvenirs des Maries que tu crois retrouver sur le sol de Provence comme sur les roches des Baux ne sont que les vagues échos du glorieux consul Marius qui se faisait suivre d'une prophétesse syrienne nommée Marthe.

NORBERT

Qu'importe la façon dont le christianisme a pénétré en Gaule ? Si tu nies les Saintes Femmes, peut-être croiras-tu aux apôtres qui suivirent l'Aréopagite. Ils sont venus de ton pays, tous les trois, Denis, Eleuthère et Rustique, ils ont apporté à la Gaule lyonnaise la bonne nouvelle, et leur sang de martyrs a coulé sur la colline qui s'est appelée depuis Montmartre.

TERP ANDRE

Symboles affaiblis ! Ce n'est pas un transfuge de l'aréopage que vous honorez, insensés, c'est notre divin Bacchus lui-même, Bacchus que nous appelons Dyonisos, que nous surnommons Eleutherios, que nous qualifions Rusticus, Bac-

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