‹ La fin des dieuxChapitre 114 sur 130 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

y croire ! Comment admets-tu la fnble d'une femme naissant en armes du crâne fracassé de son père ?

TERPANDRE

Ce n'est pas là ma Minerve. La mienne est tout autre, et je vais la saluer par une invocation digne d'elle.

A toi, amour et gloire à tout jamais, Déesse qui habites l'esprit de tout homme, toi que nous appelons Pallas Athéna, étincelle de tout ce qui est divin en nous ! Reste à jamais sur terre, seule Adorable parce que seule Intelligible; tu ne te caches pas sous des bandelettes ésotériques comme la grande Artémis d'Ephèse, ni sous de nuageux symboles, comme l'Isis égyptienne, tu n'es pas idéale, mais vivante, et tu viens à nous, nue comme Aphrodite, auguste comme Démèter. Ton élément est la lumière, ton royaume l'évidence, ton temple la règle ; tu y sièges dans des flots de clarté, entourée de tes filles les Muses et les Connaissances, et ton austère sourire y accueille tout homme qui vient à toi. Aux rayons qui éma-

nent de toi reculent les Obscurités, les Terreurs, les Religions, les Maladies ; tu guéris, Purificatrice; tu consoles, Educatrice, tu transportes, Exaltatrice ! Et c'est pourquoi, dédaigneux des Idoles, nous t'aimerons et t'adorerons jusqu'à l'obscurcissement de notre esprit, Divinité, Santé, Jeunesse, ô Pallas Athéna ! ô Minerve ! ô Raison !

NORBERT

Orgueil, chape de plomb qui fit chuter le plus beau des Anges, portique de la vallée de larmes où se désole l'humanité, bloc le plus lourd de ceux qui obstruent la route du Paradis, c'est bien toi que je retrouve encore ! Ah, si tu pouvais le faire sans cesser d'être toimême, tu avouerais pourtant ta défaite , et combien dans ton égoïsme silencieux qui ne peut rien pour l'humanité, tu es inférieur à nos principes, Charité, Sacrifice, Vertu !

En face de l'Arbre de Science, laissez-moi dresser le fantôme adorable de votre croix, Seigneur, Dieu de bonté et de mansuétude,

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