‹ La fin des dieuxChapitre 115 sur 130 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

voua qui avez tiré l'homme du néant pour l'appeler au partage d'une éternité de délices, qui avez aimé votre Créature jusqu'à prendre sa propre forme et à verser pour elle votre sang divin, qui journellement descendez sur l'autel à nos paroles de consécration ! Seigneur, ayez pitié de la pauvre humanité tout entière, de nous qui consumons notre vie à glorifier votre nom et à faire arriver votre règne, et aussi des malheureux que l'endurcissement rend insensibles à votre divinité. Purifiez leurs lèvres avec un charbon brûlant, dessillez leurs yeux avec le foie du poisson de Tobie, amollissez leur cœur avec la Grâce, et donnez leur comme à nous mêmes le repos éternel.

Va, Terpandre, ennemi vaincu et pris à discrétion, prêtre idolâtre, apostat et hypocrite, assassin de mes frères dont le sang rougit encore ces dalles, retire-toi en paix. Ton désastre t'a fait au cœur une blessure mortelle, vieillard ; je ne veux pas avancer pour toi l'heure où notre Dieu commun t'appellera à lui. Puisque tu es sincère , va-t-en en paix, dernier adorateur des idoles, ear il a été

chanté au plus haut des cieux par les anges planant sur le berceau du Christ : « Paix aux hommes de bonne volonté ! »

(Terpandre sort. Norbert reste seul).

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