‹ La fin des dieuxChapitre 123 sur 130 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

CLÉOTAS

Il parle en vain ! Que le Christ soit Dieu, c'est possible, puisqu'il nous a vaincus. Mais tu dois comprendre, puisque tu parles d'honneur, pourquoi je ne reconnais pas sa divinité.

NORBERT

0 mon fils, peux tu mettre en balance une bouffée de vanité et ton salut éternel? A renier le Christ, tu ne gagnes rien et tu perds ton âme. Ne crains-tu pas l'enfer, Cléotas ?

CLÉOTAS

Je ne crains rien pour moi.

NORBERT

Alors tu le crains pour ceux que tu aimes ! Considère, ô mon fils bien-aimé, l'horreur des ténèbres extérieures toutes pleines de pleurs et de grincements de dents ! Qui sait si ta conversion ne serait pas le prix de leur salut à

tous ? la miséricorde du Christ est infinie. N'est-ce point d'eux que tu voulais me parler ?

CLÉOTAS

Oui, parce j'ai cru ton âme moins féroce que celle d'Eustache de Montlhéry. Me suis-je trompé ?

NORBERT

Non, mon fils, je te le jure sur le Christ !

CLÉOTAS

Eh hien, moine, voici mon secret. Quand j'ai vu la vanité de ma résistance, j'ai entraîné ma Bien-Aimée dans une cachette que l'on ne peut découvrir : mais elle n'est sauvée que du péril présent.

NORBERT

Chryséis I

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