‹ La fin des dieuxChapitre 128 sur 130 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

adjure toujours de les bénir, et de sauver ce qui peut encore être sauvé d'eux, leur âme.

Vous savez que la mort les attend, une mort à laquelle nul ne peut les soustraire, pas même moi, légat de votre Apôtre. Les voici pris dans un donjon cerné de gardes, seuls, sans armes ; qui essaierait de les défendre ne pourrait que partager leur sort. Eh bien, Seigneur, à cet article suprême, illuminez leurs cœurs d'une lumière spéciale. Peut-être cette mort imminente est-elle une ruse du Mauvais pour agripper leur âme encore noire de colère et marquée pour l'enfer ; cette ruse, déjouez-la, faites que du bûcher, leurs âmes, comme des flocons d'encens, vers vous, ô doux Jésus, s'envolent...

Et s'il vous fallait une hostie, exaucez mon vœu de martyre, ô mon Dieu, prenez ma vie terrestre et sauvez-les 1

CLÉOTAS

Tu pleures, Norbert !

Tu pleures aussi, Gléotas !

CLÉOTAS

Oui. Mon esprit roule lamentablement dans ces vagues mystères qu'il ignore, et redoute tour à tour ces Furies et ces Démons dont les deux religions le menacent. Chryséis adore les dieux de l'Olympe, elle pourra donc éviter la triple gueule de Kerbéros. Mais Satan, s'il existe aussi, qui la délivrera de ses griffes?

NORBERT

Dieu!

CLÉOTAS

J'ai bien réfléchi à tes paroles. La réversibilité peut faire do moi la victime dont l'oblation sauvera d'autres âmes. Or j'aime Chryséis jusqu'au sacrifice.

NORBERT

Louée soit votre grâce, Seigneur !

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