‹ La fin des temps confirmée par des prophéties authentiquesChapitre 2 sur 66 · LA FIN DU MONDE · texte numérisé non relu

LA FIN DU MONDE

que cent ans auparavant un homme à cheval y passait largement!

Nous avons bien cherché parmi toutes les prophéties qui regardent la fin du monde. Voici une des plus importantes et des plus précises : c’est celle qui s’attache au pape Pie IX, actuellement régnant.

Pie IX est désigné par ces deux mots :

Crux de Cruce, la Croix de la Croix.

En effet, dans la dernière persécution doit siéger un pape romain, qui paîtra ses brebis au milieu d’une multitude de tribulations, a la suite desquelles la ville aux sept collines sera détruite, et un juge redoutable jugera le peuple.

Crux de Cruce! La Croix de la Croix, c’està-dire le retour à la persécution de la religion catholique elle-même 5 le pontife chrétien crucifié!

Quelle prophétie pouvait être plus précise?

Et les temps ne sont-ils pas venus? L’Écriture •aussi ne nous apprend-elle pas que lorsque l’impiété régnera sur toute la terre, lorsque l’homme juste sera méprisé, alors l’abomination de la

désolation étant descendue sur nous, ce monde finira?

Aujourd’hui que voit-on? Partout l’impiété florissante, et presque partout l’athéisme. Nomme*

Le roi Guillaume.

rons nous religion celte Corme hypocrite du matérialisme triomphant dont le roi Guillaume s’est fait le grand prêtre?

Et tandis que l’Antéchrist se sacrait lui-même empereur, inscrivant sur sa bannière sa devise impie : La force prime le droit, au même temps le

Vous me demandez, mon cher Monsieur, de vous écriré ma pensée sur les prophéties, à moi qui ai osé

Nostradamus.

braver les préjugés de notre époque en réhabilitant lecAar/tftattNostradamus,run des plus grands savants

1 Cette curieuse Notice est due à M, Eugène Bareste.

du seizième siècle ; à moi qui le premier ai raconté cette merveilleuse histoire de la prophétie de Noël Olivarins, relative à Napoléon, laquelle prophétie est si authentique, que dernièrement le rédacteur du Mémorial de Rouen, M. R., me disait avoir vu

entre les mains d’une personne de cette ville une copie de la prophétie d’Olivarius écrite au commencement de la révolution française, c’est-à-dire plusieurs années avant l’avénement de Bonaparte au trône impérial.

Vous me demandez quelque chose de neuf sur cette matière si peu connue et partant si peu étudiée de nos jours; mais, en vérité, Monsieur, tout ce que je pourrai vous dire dans l’espace qui m’est réservé, sera, je l’espère, considéré par vos lecteurs comme une nouveauté, car les esprits forts du siècle dernier ont tellement nié tout ce qu’il leur était impossible de comprendre, d’examiner, d’analyser, de peser et de toucher, que ceux de ces temps-ci en sont arrivés au scepticisme le plus ridicule, à l’athéisme le plus complet, et à ne plus considérer les manifestations spirituelles de l’être humain, les mystères de l’âme, que comme autant de duperies et de sottises.

Qui donc, depuis la réforme prêchée si chaleureusement par Luther, Zwingle et Calvin, aurait cherché à étudier consciencieusement, dans l’homme et dans l’humanité, la révélation divine, l’extase religieuse, le don de prophétie? Qui donc, depuis les violents et révolutionnaires écrits des philosophes du

dix-huitième siècle, se serait avisé d’ajouter foi aux prophéties de la Bible et de commenter les prédictions anciennes et modernes?

Le monde est ainsi fait : il marche sans trop savoir comment; il pense comme on lui dit de penser, et agit en vertu des vieux principes de la routine et de l’habitude. Eh! mon Dieu 1 il y a dix-huit cents

ans à peine que des hommes animés d’une foi nouvelle mouraient pour avoir voulu faire sortir le peuple de la routine et de l’habitude, en lui parlant pour la première fois de liberté, de fraternité, de bonheur!

Aujourd’hui nous vivons dans un matérialisme qui peut parfaitement se comparer à celui des Romains avant la prédication de l’Évangile. La foi, le dévouement, T affection ne sont plus, mais en revanche l’égoïsme, les jouissances sensuelles et l’amour de l’or ont remplacé dans notre cœur tous les nobles sentiments qui l’animaient autrefois. On est religieux à la façon des païens, qui immolaient Socrate et Jésus plutôt pour satisfaire aux exigences des vieux codes que par amour pour les divinités de l’Olympe.

Les sciences, qui, ainsi que les arts et les lettres, reflètent les idées politiques et religieuses d’une époque, d’une nation, d’un peuple, sont à l’heure qu’il est complètement athées. L’homme se meut au moyen d’organes matériels; la terre tourne autour du soleil et la lune autour de la terre en raison de la loi d’attraction, qui est purement physique; tout, en un mot, pour le savant, est mécanique, physique et matériel; rien n’est Dieu. Et ces savants, qui croient savoir quelque chose et qui traitent du haut de leur grandeur les mystères de la révélation et le don de prophétie, ignorent ce qui constitue la respiration, la circulation, la génération; ce qui produit le magnétisme, le somnambulisme, la peste, la

Dans un tel état de choses, les matières qui font le sujet de votre livre doivent trouver peu de partisans. Et pourtant les prophéties sont aussi anciennes que le monde; elles précédèrent chez les Grecs l’établissement des institutions politiques; elles annoncèrent aux Hébreux la destruction de leurs cités, et l’avénement et les souffrances du Christ, le divin libérateur des esclaves; elles proclamèrent, par la bouche de saint Jean, la grandeur et la puis-

grêle, les aérolithes; ce que c’est que l’âme, la vision, l’extase, la végétation des plantes, l’étoile qui brille au ciel, l'espace, le temps, la foi et Dieul

sance du christianisme en Occident, et, chose plus curieuse encore, la naissance des hérésies, des protestations, des réformes; elles jetèrent ensuite, au moyen âge et à la renaissance, l’épouvante parmi le peuple, en prêchant la fin du monde pour le dixneuvième siècle, le nôtre, et la venue de l’Antéchrist, en annonçant les fléaux qui doivent fondre sur nous, la ruine de nos villes , les massacres de ses habitants .— Et jusqu’à présent toutes les pro¬

phéties anciennes se sont réalisées.

Le peuple a toujours cru aux prophéties et il y croira probablement toujours, malgré le scepticisme jeté dans les masses par les philosophes athées. Machiavel nous en fournit un exemple : « Je ne saurois, dit-il, en donner la raison, mais c’est un fait attesté par toute l’histoire ancienne et moderne, que jamais il n'est arrivé de grands malheurs dans une ville qui n'aient été prédits par quelques devins, ou annoncés par des révélations, des prodiges ou autres signes célestes . Il s croit fort à désirer que la cause en fût discutée par des hommes instruits dans les choses naturelles et surnaturelles, avantage que je n’ai point. Il peut se faire que notre atmosphère étant, comme l’ont cru certains philosophes, habitée par une foule d’esprits qui prévoient les choses futures par les lois mêmes de leur nature, ces intelligences, qui ont pitié des hommes, les avertissent par ces sortes de signes, afin qu’ils puissent se tenir sur leurs gardes. Quoi qu’il en soit, le fait est certain , et toujours après ces annonces on voit arriver des

choses nouvelles et extraordinaires. » Machiavel, tout le monde le sait, n’était ni fanatique, ni superstitieux, ni illuminé.

Mais, si nous ouvrons les ouvrages des historiens, nous trouvons encore des choses plus étonnantes. M. Robertson, en rapportant le discours de Montezuma aux grands de son empire, rappelle les traditions et les prophéties qui annonçaient depuis longtemps l’arrivée d’un peuple de la même race qu’eux et qui devait prendre possession du pouvoir suprême.

Les Chinois croyaient aussi aux prophéties. On lit dans le Chou-king : « Quand une famille s’approche du trône par ses vertus, et qu’une autre est près d’en descendre en punition de ses crimes, l’homme parfait (ou le prophète) en est instruit par des signes avant-coureurs. » Les missionnaires européens avaient placé au bas du texte que je viens de citer la note suivante : « L’opinion que les prodiges et les phénomènes annoncent de grandes catastrophes, le changement de dynastie, les révolutions dans le gouvernement, est générale parmi nos lettrés. »

Maintenant, si je me reporte aux temps philosophiques des Romains (aux temps philosophiques, remarquez bien), je trouve dans Cicéron un passage très-explicite qui condamne les adoiateuis de la philosophie sceptique. « C’est une opinion trèsancienne, descendue des temps héroïques jusqu’à nous, dit-il, et affermie par le consentement du

JLi f

peuple romain et de toutes les nations, qu’il existe parmi les hommes une certaine divination, que les Grecs appellent d’un nom qui signifie le pressentiment et la science des choses futures. Chose magnifique et salutaire 1 si elle existe réellement, qui plus qu’aucune autre rapproche notre nature de la nature divine?... Or, je ne vois aucune nation, si polie qu’elle soit, ou si savante et si grossière et si barbare, qui ne croie que l’avenir est annoncé, que plusieurs le connaissent et peuvent le prédire. »

Je n’en finirais pas, Monsieur, si je voulais rapporter ici le témoignage de tous les écrivains de l’antiquité qui se sont prononcés en faveur des prophéties. Voici quelques lignes du judicieux Plutarque, que les adversaires du sujet que je traite en ce moment ont toujours passées sous silence : « Quoique les prophéties ressemblent assez à des fables, dit cet auteur, cependant la ruine de plusieurs villes de la Grèce détruites ou dépeuplées, les irruptions subites des barbares, la chute de plusieurs empires attestent la vérité des oracles. Les malheurs que viennent d’éprouver Cumes et Dicéarchie n’étaient-ils pas une dette que le temps a acquittée envers les sibylles qui les avaient anciennement prédits? Je parle de ces éruptions de volcans, de ces bouillonnements de mer, de ces pierrès enflammées que le vent poussait avec tant de violence, de la ruine de si grandes villes, qui ont été tellement détruites, que le lendemain même on n’a pu retrouver la place qu’elles occupaient. S’il est difficile de

croire que la Divinité n’ait point eu de part à ces événements, à plus forte raison n’a-t-on pu les prédire sans une inspiration... Quand l’oracle, non

Éruption de l’Etna.

content d’annoncer l’événement, spécifie la manière, le temps, l’occasion et les personnages, alors ce n’est plus une conjecture incertaine, c’est une prédiction réelle de ce qui doit arriver... Il n’y a dans les oracles rien d’incertain, rien d’obscur. Vouloir en attribuer Vévénement au hasard, c'est se

perdre dans Vinfini. L’expérience est ici la garantie de la prédiction et montre, pour ainsi dire, la route qu’a tenue le destin. Je n’imagine pas qu’on puisse dire que le hasard seul a fait cadrer l’événement avec la prédiction : car alors, qui empêcherait aussi de soutenir qu’Épicure n’a point écrit son Traité des Maximes certaines ; mais que le hasard ayant réuni les lettres et les mots qui le composent, ce livre s’est trouvé fait? » — Il n’y a certes rien à répondre à une hypothèse aussi sensée et aussi logique.

Tous les hommes de conscience et de jugement ont admis la révélation et reconnu l’existence de l’esprit prophétique.

« Ce sont là certainement, dit le spirituel et savant Charles Nodier, de très-grandes pauvretés de l’esprit humain- mais il est difficile de se défendre de l’intérêt de curiosité qu’elles excitent quand le hasard fait concourir la prédiction d’un charlatan avec l’histoire, et, qui mieux est, avec la vérité. »

Écoutez à ce sujet ce que dit l’un des penseurs les plus profonds et les plus religieux des temps modernes, M. le comte Joseph de Maistre : « L’esprit prophétique est naturel à l’homme et ne cessera de s’agiter dans lé monde. Mille expressions vous prouveront qu’il a plu à Dieu, tantôt de laisser parler l’homme, comme il voulait, suivant les idées régnantes à telle ou telle époque, et tantôt de cacher, sous des formes en apparence simples et quelquefois grossières, de hauts mystères qui ne sont pas faits pour tous les yeux. Or, dans les deux supposi-

tions, quel mal y a-t-il donc à creuser ces abîmes de la grâce et de la bonté divines, comme on creuse la terre pour en tirer de l’or ou des diamants? Plus que jamais nous devons nous occuper de ces hautes spéculations, car il faut nous tenir prêts pour un événement immense dans Vordre divin, vers lequel nous marchons avec une vitesse accélérée, et qui doit frapper tous les observateurs. Il n’y a plus de religion sur la

De Maistre.

terre; le genre humain ne peut demeurer dans cet état. Des oracles redoutables annoncent d'ailleurs que les temps sont arrivés... L’univers est dans l’attente.- Comment mépriserions-nous cette grande persuasion, et de quel droit condamnerions-nous les

TMfÊiïFW'* f* ~ »/.

hommes qui, avertis par des signes divins, se livrent

à de saintes recherches? »

Après cette citation, il ne m’est plus possible de rien dire ; car je craindrais de détourner l’attention de vos lecteurs sur un passage qui mérite d’être médité profondément, surtout à présent où la société européenne a tant besoin d’être régénérée.

Au moment où l’on met sous presse, je lis dans le Morning-Post ces lignes extraordinaires :

« Quant à l’Orient, nous croyons que la fameuse prédiction va s’accomplir. Les Turcs s’y attendent, et ils font, après leur mort, porter leurs corps en Asie, afin que leurs restes mortels ne soient pas au pouvoir du knffir et du giaour. »

CAZOTTE

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