VOYAGE A VARENNES
De nuict viendra par la forest de Reines Deux parts 2 , voltorte % Herne 4 la pierre blanche,
Le moine noir 5 en gris, dedans Varennes,
Eslti cap, cause tempeste, feu, sang, tranche.
(Centurie ix, quatrain 20.)
Traduction. — De nuit le mari et la femme viendront par la forêt de Reines ; le chemin est divisé en deux parts ; la belle reine vêtue de blanc, le roi, qui a la dévotion d’un moine, vêtu en gris, entreront dans Varennes. Ce roi déclaré chef, l’incendie, les agitations, le meurtre et le pouvoir du glaive s’ensuivront.
« On dira sans doute qu’en lisant Reine dans » herne et Roi dans noir, on verra dans Nostrada- » mus tout ce qu’on voudra; on aurait raison de le « dire, si l’on supprimait, si l’on ajoutait, si l’on » changeait plus (l’une lettre dans un mot. Mais que » l’on fasse bien attention que lorsqu’on ne trouve- » rait pas reine dans herne et roi dans noir y lorsqu’il
1 C’est la forêt par où passe le chemin qui conduit à Varennes, -et que Louis XVI prit en effet.
2 Nosfradamus désigne le mari par ces mots : le part, et la femme par ceux-ci : la part.
3 Voltorte , tourné en deux. En effet, le chemin par Sainte- Menehould et Varennes pour se rendre à Montmédy est ainsi formulé, puisque la poste s’arrête à Varennes, et que le véritable chemin de Montmédy est celui qui passe par Châlons et Clermont en Argonne. Comme pour aller de Varennes à Dun et à Stenay il n’y avait plus de poste, M. de Choiseul fut obligé d’y faire trouver des chevaux. (Voy. Rapport de M. deBouillé.)
4 En changeant l’H en i, herne est l’anagramme du mot reine.
5 En supprimant l’N, noir est l’anagramme du mot roi.
Kelour de Varenres.
» n’y aurait même que deux étoiles à la place de « chaque mot, le sens indique assez que ce ne peut » être que le Roi de France qui était en gris et la « Reine qui était en blanc, cette pierre précieuse » blanche, qui sont passés par la forêt de Reines, » sont arrivés de nuit dedans Varennes, et par voie » détournée, voltorte, et qui, par leur voyage, ont » causé tempêtes, feu, sang, tranche ou tête tran- •> chée. Ce verset exprime tous les malheurs qui » suivirent son élection de roi constitutionnel, eslu » cap y et sa fuite à Varennes »