Cf. tes Mois, II. p
■2. Ibid., I. p. 120.
:i. La traduction de Chabanon surtout avait fait quelque bruit: cf. notre chap. n, p. 01.
i. On trouvera ces illustrations dans la traduction d'Huber (1777). Delécluze en parle encore comme ayant exercé une véritable influence sur le mouvement antiquisani dans les ateliers; cf. Louis David, son croie et son temps, p. 127.
'6. Sainte-Beuve, Porlr. li/t., t. 11. p. 100.
d'employer ee procédé '. C'est le contraire de ce que faisaienl nos romanciers du xivc siècle qui mettaient en prose les chansons de geste des siècles précédents; mais c'est la même platitude, la même stérilité, et la même rage d'écrivasserie : le poète alors n'est plus qu'un scribe qui calligraphie les œuvres des autres.
C.Vst assurément une entreprise fort ennuyeuse que d'exhumer cette littérature mort-née de la fin du xvme siècle: mais elle ne sera pas inutile, si nous nous rendons compte des procédés de composition et en général des procédés d'art de ce classicisme décadent. Peut-être verrons-nous mieux ainsi pourquoi cette poésie a été si inférieure et pourquoi l'imitation de l'antique a été incapable de lui rendre la vie.
La marque de la poésie d'alors c'est qu'elle est descriptive : ce sont les Anglais qui ont inventé le genre. Pope et Thomson en sont les modèles. — Pope était connu depuis longtemps; quant à Thomson, sa réputation en France ne commence guère qu'à partir de la traduction que donna des Saisons en IT.i'.i une certaine M"" Bontemps -. Il fut très lu et admiré de quelques uns :;. Malgré la malveillance et la jalousie qui était au fond de cette admiration, on était bien forcé de convenir qu'il y avait chez Thomson un sentiment vrai de la nature et surtout une couleur que la poésie française
1. Épître à Lebrun, v. tl7 et suiv.j éditi Bee<| de Fouquières.
■2. La traduction de Mme Bontemps ni' paraît pas avoir été accueillie avec un grand enthousiasme (cfj Corresp. litt., IV; 248); mais elle contribua à attirer l'attention sur Thomson.
:: Cf. Texte, op. '</., p. 360 et suiv.
ne connaissait pas '. — Mais bien plus que Thomson, les progrès extraordinaires «les sciences de la nature an xvme siècle oui contribua ;<ii développement du genre descriptif -'. La science el les découvertes du temps ont fourni la matière: la rhétorique classique qui énumère et qui classe, a fourni la forme. Ajoutons qu'on «''tait las de ces éternelles tragédies taillées sur le même patron. On voulait faire du nouveau et prouver au reste de l'Europe qu'on était capable d'autre chose que « de tragédies et de chansons :i ».
Le poème des Saisons de Saint-Lambert esta proprement parler le premier en date des poèmes descriptifs '' ; d'ailleurs on en parlait depuis si longtemps, que l'auteur peut être considéré, chez nous, comme le véritable initiateur du genre : après y avoir travaillé pendant « près de vingt ans :i », il le publia enfin en 1769 avec un discours préliminaire, trois petits romans, plusieurs pièces fugitives et quelques fables orientales. Ce fut un désappointement universel, surtout pour qui-
1. Grimm lui-même le reconnaît implicitement dan- ses critiques : « Le défaut de ce poème consiste dans une trop grande richesse d'images et de poésie. A force d'être riche el fleuri, il devient monotone et fatigant. » {Corresp. litt., IV. 248.) Se rappeler cependant les méchantes critiques de Voltaire, qui met Saint-Lambert au-dessus de Thomson: voir notre chap. i.
2. Il y a une autre cause aussi, qui est extrêmement importante et dont nous avons- parlé ailleurs, chap. vu), c'est la confusion des limites de la peinture et de la poésie. On est .(invaincu qu'il faut être un peintre pour être un poète : au fond, toute la poésie descriptive est sortie de cette idée.
3. « La nation française est la nation la moins poétique de l'Europe. Elle n'aime, elle ne connaît guère que deux espèces de poésie : les chansons et le théâtre. » (Rivarol, Corretp. lilt., XIII, p. 179.) — Voir aussi Delille, Préface des Jardins, etc.
4. Nous ne parlons ni des premières pièces de Saint-Lambert, Le Soir et Le Matin, ni même des Quatre Saisons de Bernis, que l'auteur intitule pompeusement : Les Géorr/iques françaiêes; ce .sont des œuvres par trop insignifiantes.