Corres'p. UtL, VIII
LES « IMiET.K MINORES ». 181
conque supputai! la lenteur de l'élucubration : on s'attendait à trouver en français le pondant des Géor giques ou du De natura rerum; et Ton ne comptait qu'un versificateur de pins '.
Très modestement d'ailleurs, Saint-Lambert avait ramené le sujet à sa portée : il ne prétendait pas. comme Virgile, décrire les pratiques de l'agriculture, donner des préceptes : il aurait fallu, pour cela, s'y connaître, surtout aimer la terré et être capable de la chanter. 11 se propose tout simplement de donner le goût <!<• la campagne aux gens du monde et, en particulier, aux grands propriétaires -. La différence est ('•nonne : il ne s'agissait plus de raconter la vie des paysans, mais d'amuser des yeux et des esprits blasés : ainsi s'expliquent ces épisodes galants et surtout ces tirades de philosophie qui déplaisent si fort dans le poème de Saint-Lambert et qui en rabaissent le ton si maladroitement.
dépendant, même compris de la sorte, le sujet était encore grand; Saint Lambert l'a senti : [les poèmes de Virgile et d'Hésiode hantent son souvenir. Il s'excuse de ne pouvoir, comme eux. s'intéresser au détail de la vie rustique ;. .Mais si mondain qu'il soit resté, il a vu tout ce qu'il y a de sérieux dans l'amour des sexes Ici que Lucrèce et Virgile l'onl chanté. Sa description du printemps est pleine de réminiscences antiques : dans tout ce qu'il dit de l'omnipotence de l'amour, des ainoiiis du cheval et du taureau, du tigre el du lion 4. on retrouve L'accenl de l'Invocation à Vénus el du IIP livre des Géorgiques. Ce qui manque, c'est le
l. Corresp. lit/.. VIII, 288 : Sans les pièces fugitives de M. de Saint-Lambert, où il y a 'lu sentiment el de la verve, je dirais que c'est un bon rimeur, mais non pas un poète. »