‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 113 sur 248 · Les Mois. 1, p · texte numérisé non relu

Les Mois. 1, p

de son temps esl à demi poétique. M ; i i s pour le porte moderne, il y a un abîme infranchissable entre 1rs

deux inondes de la poésie el de la science ': el c'esl ce

que le xviii' siècle ne voulait pas voir.

Laissons donc l'œuvre elle-même, qui ;i dû être manquée forcément, el ne tenons compte que des intentions.

Si quelqu'un rappelle alors l'ardeur de la Renaissance et sa passion d'antiquité, c'est assurément Roucher après André Chénier. Nul n'a mieux senti la dignité de la poésie - el nul n'a souhaité comme lui d'accomplir une œuvre vraiment grande, digne de prendre place parmi celles des maîtres On s'en aperçoit dès son début. C'est dommage que le style en soit si sec et que la phraséologie du xvmc siècle y gâte les meilleures choses :

... Et parcourant les mers et la terre el les cieu\. Mes chants reproduiront tout l'ouvrage des dieux ;|.

Mais ce dont il faut surtout lui savoir gré. c'est d'avoir senti mieux qu'aucun de ses contemporains, la difficulté et la beauté de son sujet. Il a longuement travaillé, étudié, pris des notes. Il a compris comme du Bellay et Ronsard que celui « qui désire vivre en la mémoire de la postérité doit, comme mort en soimême, suer et trembler maintes fois » 4, pour mènera bien l'œuvre du « long poème français », épopée ou

1. Voir sur cette antinomie la très péremptoire discussion de Schopenhauer : Le Monde comme volonté et représentation, trad. Burdeau, Alcan, 1887, p. 190.

■2. II allait même jusqu'à soutenir que toutes les grandes idées ont été exprimées par la poésie. Cf. Biographie générale, art. Moucher.

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