Les Mois, I, p
4. Défense et illustration de la langue française, II. cliap. ni. p. 36 (édit. Person).
LES « l'OET.K MINORES ». 197
poème didactique. Rien ne nous renseigne mieux làdessus que son commentaire. Il a mis à contribution toutes les sources et tous les modèles. 11 s'adresse aussi bien aux Mémoires des académies de province ou aux Commentaires de la Société de Gœttingue, qu'à Bufïbn ou à Forster. 11 ne dédaigne pas plus l'érudition des Bénédictins que les vers des Jésuites. Relations de voyages, anglaises, françaises ou allemandes, ouvrages d'ensemble ou monographies, il a tout lu. — qu'il s'agisse d'histoire naturelle, d'astronomie, de mythologie, de linguistique, d'histoire proprement dite. Il s'inquiète des littératures orientales, — des Chinois, cela va sans dire. — et même de la poésie hébraïque, qu'il admire timidement. D'autre part s'il ignore le grec, toute l'antiquité latine lui est familière, non pas seulement Virgile ou Lucrèce, Pline ou Sénèque, mais Manilius, dont il voulait imiter le poème de l'Astronomie ', mais Columelle, mais Végèce, mais Macrobe; et nous avons vu qu'il remonte jusqu'aux poètes latins modernes, les Rapin, les Vanière, les Santeuil. On n'en finirait pas si l'on voulait énumérer tous les passages qu'il a imités ou traduits. Les pluies fécondantes du printemps, — description dé l'âge d'or. — les jeux du Ve livre de VÉnéide, l'amour du cheval et du taureau, d'après Virgile, l'éveil de l'amour chez l'adolescent, - la peste d'Athènes, d'après Lucrèce, — la doctrine de Pythagore sur l'éternité de la matière, d'après Ovide. Nous ne citons que lés principaux épisodes. Avec cela, il a, comme Delille. le culte de Virgile. Lui aussi, il fait vœu d'aller en pèlerinage sur son tombeau. .Mais à l'emphase de ces vers, je préfère, pour la sincérité et la profondeur de l'émotion, ces simples lignes de son