Cf. Larousse, art. Roucher
commentaire : « J'éprouve en lisanl certains morceaux de ses Eglogues q\ de ses GêorQiques un attendrissement qui ne se manifeste point, il esl vrai, par des larmes, mais qui peut-être en esl plus doux parce qu'il me fait tomber dans une sorte de rêverie amoureuse '. »
Malheureusement la sécheresse et le prosaïsme de Roucher empêchent d'en citer seulement un morceau. Il est tout entier perdu comme Delille; mais là où il lui esl vraiment très supérieur, c'est par la force du vers. Celui de Delille ne donne jamais l'impression de Virgile, même lorsqu'il en est traduit; il ne l'ait jamais songer à l'art, il esl constamment flasque et énervé. Au contraire Roucher abonde en vers fortement musclés, qui rappellent la structure sévère et solide du vers latin :
Sa formidable main porte un large trident2. . Trésor que nous portons en des vases d'argile ;(. Les peuples marcheront à sa vive lumière.
Ou ce que Sainte-Beuve appelle des vers « d'un seul jet » :
Les yeux demi fermés, il boit un long amour '■ .
L'Océan déploya jusqu'aux bornes des deux5
Sa surface immobile, immense, solitaire.
.Sa versification est aussi plus originale que celle de Delille. beaucoup moins monotone :