Ibid., I, p. S
La face du soleil pâlit; || el les éclairs '
En longs serpents de feu se croisent dans les airs.
Là. contre des écueils d'une énorme grandeur -
La vague en bondissanl heurte el brisant ses lames..
Pour le style même, il a aussi des tentatives originales. Évidemment il veut faire « éclatant » comme Thomson, à l'imitation de Saint-Lambert. Le malheur est qu'il ne trouve guère que des couleurs banales, ou qu'il plaque des tons violents qu'il est incapable d'assortir. Voici par exemple la description d'un lever de soleil :
Le dieu transforme en vagues <Tor
Les nuages flottants dans l'air humide encor,
Jette un réseau de pourpre au sommet des' montagnes.
Enflamme les forêts, le- monts el les campagnes
Kl sur l'émail île- près étincelle en rubis.
Enfin dans un nuage où l'œil du jour se plonge,
La ceinture d'Iris si' voûte en are. s'allonge
El ilu flambeau du ciel décomposant les feux
Du pourpre au double-jaune et du vert aux deux bleus.
Jusques au violet qui par degrés s'efface 3...
II n'est pas jusqu'à la langue dont l'appauvrissement ne luit frappé et dont il n'ait essayé de renouveler le vocabulaire. A propos d'un vieux mot. qu'il cherebait ù réintroduire, il disait : « Le mot s'avive révoltera sans doute; mais je prie ceux qui le proscrivent d'observer qu'il manque à noire langue depuis qu'on a cherché à l'épurer... Quelle raison avons-nous eue de le laisser tomber en désuétude? Ce n'esl pus le seul mol ancien que j'aie cherché à rajeunir. On en trouvera dans ce" poème un grand nombre d'autres, comme bleuir, tem-
!. Les Mois. I. p. 88.