Élégies, 1. p. 205. v. 51 et suiv
ANDRÉ CDENIER. 2'tl
manière antiquisante du temps avec son mélange de fantaisies ossianesques. Et précisément parce qu'il aime et imite la peinture de David, il comprend d'autant mieux la sculpture, comme le prouvent mille endroits de ses œuvres : il a des comparaisons nombreuses empruntées à la plastique. Il cite l'Apollon du Belvédère. l'Hercule Farnèse, le Laocoon, le Moïse de Michel-Ange1. II n'est pas moins capable d'apprécier une intaille ou un camée-. 11 aime la musique, sa mère recevait dans son salon le musicien Lesueur3. A Rome, il entendait théâtre d'Apollon Cimarosa et Paesiello:
Ou bien ilans mon oreille un fils de Polymnie
A qui Naple enseigna la sublime harmonie
A laissé pour longtemps un aiguillon vainqueur1.
Peut-être même que, selon la jolie mode du temps, il jouait de la harpe, comme tout le monde, comme Camille elle-même5. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il a aimé tous les arts et qu'il en a pratiqué quelquesuns : il les célèbre avec l'accent lyrique0 et l'on sent dans son enthousiasme quelque chose de plus que chez ses contemporains, quelque chose comme la ferveur d'un culte et l'ivresse d'art de la Renaissance.
Tout cela s'est empreint profondément dans son œuvre : chose étrange pour un disciple de David, il a un sentiment très vif de la couleur. Ce Roucher, qu'il méprise comme son maître, il en rappelle les carnations ardentes et les roses triomphants. Il a d'ailleurs la hantise de la rose, comme la plus éclatante et la plus