‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 154 sur 248 · II. Sens dérivés, lires du latin · texte numérisé non relu

II. Sens dérivés, lires du latin

La nnrUfu.il' abeille. P. 135, v. 10.)

L'onde maritime [pour Yomh murine . P. lu. v. "1

Le mot fertile est souvent employé là où nous emploierions

de préférence le mot fécond, comme en latin fertilis :

. . . Sur ce bois fertile en agréables sons. (P. 71, v. 25.

Les fertiles pinceaux. (P. 187, v. 25.

Les hurlements de femme. (P. 23, v. 254] : femineos ululatus. Des jeux, tous les cinq ans. rendront saint et prospère Le jour où nous avons reçu le grand Homère. (P. 25, v. 270. Ces héros, dans le sein de leur ville perdue (sens du latin perditus),

(P. 197, v. 157.) C'est l'amour insensé [qui rend insensé, insanus . P. 53, v. 83.) Une vierge champêtre (sens latin d'agrestis . Devant lui l'herbe jette des rieurs sens latin de jacere]. (P. 152, v. 28.)

III. Alliances de mots inusités. — Elles sont extrêmement fréquentes: il en a surtout abusé dans le Serment dit Jeu de Paume :

. . . ta grâce auguste et fière

De nature et ^éternité

Fleurit. ...(/. de P., v. 27.

1 son Kent nom pétille un rire àert et jaloux, (v, s-.1 .

Berceau des lois, sainte masure (v. 111 . . . . . Et quand sa bouche avec effort

("rie, il y plonge ensemble et In fin, mur et la mort. (P. -23, v. 251. De baisers maternels entremêlés de pleurs. (P. ôô. v. 152.)

IV. Tours calqués sur le latin. — Ils sont en assez petit nombre.

Voici par exemple une inversion très forte :

ANDRÉ CHBNIER. 26b

Parricides, tremblez, tremblez, indignes rois '!... De quoi rit ce troupeau d'eunuques du palais? Riez, lâche et perfide engeance2!

— ... Non, non, il n'y faut plus songer. Quoi! toujours un soupir vers elle me ramené ! Allons! haïssons-la, puisqu'elle veut ma haine. Oui, je liais, je jure... Eh! serments superflus, N'ai-je pas dit assez que je ne l'aimais plus3?

11 imite les antithèses à la Lucain :

.l'aurais su. finissant comme j'avais vécu,

Sur les bords africains, défait, mais non ruinai ''...

De même que Ronsard, les classiques français et les anciens eux-mêmes, il ne sait pas ce que c'est qu'une langue et qu'un style poétiques, ou plutôt il s'imagine que la poésie est une question de langue et de style, qu'il y a dos alliances de mots et des formules qui sont poétiques en elles-mêmes3. Do là l'emploi trop

Sur la terre étendue

Saura te préserver cette molle toison. (P. M, v. 71.)

Mais, ■''. taisant de vous mes Pénates, mes Lares. 1'. 156, v. ls'.t.

C'est le •• quanquam, o » de Virgile.

11 décline les participes présents :

Autrefois je l'ai vue Ses Longs cheveux épars, courante, demi-nue. il'. 239, v. 30-31.

A l'imitation du latin, il emploie l'infinitif comme complément :

. . . ayam pour tout emploi Dormir ii ne rien faire. (P. 156, v. 20.

En somme, les procédés favoris d'André Chénier sont : les alliances '/ex mots et les sens dérivés calqués sur le latin. Il ajoute un certain nombre d'archaïsmes et de moi- on de i s familiers. .Mais ceci n'a plus rien à voir avec l'imitation

de l'antique.

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