‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 162 sur 248 · Sainte-Beuve, Causeries du Lundi, II, p. 3io · texte numérisé non relu

Sainte-Beuve, Causeries du Lundi, II, p. 3io

2. La t'ont de Saint-Yenne est l'auteur de Réflexions sur quelques causes de l'état présent de Lu peinture en France ( 1747), qui furenttrèsappréciées. — Sur l'abbé Leblanc, cf. E. cl J. de Goncourt, Portraits intimes <lu XVI H* siècle, Nous reviendrons plus loin sur l'abbé Laugier,

où des auteurs faméliques, obscurs el méprisés, Ira-, vaillent à nuire an vrai talent. » '

Bientôt la manie de l'art gagne le grand public. La théorie de la peinture devienl un sujel de poème didactique : Watelel écrit son Art de peindre (1760), Lemierre son poème de la Peinture (1769). L'éloge dos Beaux-Arts est un lieu commun qu'on développe avec le lyrisme de M. Homais : les Beaux-Arts prêchant la vertu et propageant des vérités utiles, voilà le thème ordinaire. Notons que les artistes s'y prêtenl et qu'il y a entre eux et les littérateurs comme un parte tacite. Tous plus ou moins enrôlés dans le bataillon encyclopédique, leur programme est le même. Vers la fin du siècle, il semble que toutes les barrières soient rompues et qu'il n'y ait d'autre différence entre le peintre et l'écrivain que la plume ou le pinceau. Certains même prétendent réunir les deux arts : Chénier dessine et peint, il fréquente l'atelier de David; Népomucène Lemercier est au nombre de ses élèves 2. On comprend ainsi que les amateurs et les gens de lettres aient exercé sur les artistes une influence si considérable et que le mouvement antiquisant, qui est avant tout un mouvement littéraire, ait gagné irrésistiblement les arts plastiques comme tout le reste.

Évidemment on aurait pu concevoir cette rénovation par l'antique comme un retour à l'esthétique entousiaste et libre de la Renaissance. Déjà les artistes de la première moitié du siècle avaient montré par leur entente toute moderne de la mythologie ce que l'on pouvait faire en ce sens 3. Il ne restait plus, sans se

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