‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 17 sur 248 · Essai sur les règnes de Claude et de Néron, III · texte numérisé non relu

Essai sur les règnes de Claude et de Néron, III

2. Le duc de Brissae aurait dit à l'auteur : « Monsieur, vous m'avez fait sentir le plaisir d'être Français ». Cf. Corresp. litt., VI. 244.

3. Le comte de Bissy avait déjà traduit de lord Bolingbrocke des Lettres sur l'esprit de patriotisme, sur Vidée d'un roi patriote, etc. (1730). Cf. Corresp. litt.. I, 409. On vit ensuite : La différence du patriotisme national rhez les Français et chez les Anglais, par Basset de la Marelle (1760). — Le patriotisme. poème, par l'abbé Desjardins (17.'i9). — Le patriotisme, poème par Colardeau (1762), etc.

Cependant plus on avance vers la Révolution, plus ce sentiment tend à se restreindre à la conscience

des droits du citoyen, comme dans les républiques anciennes. Lorsqu'on 1 7 • '► i l'abbé Coyer, dans ses Bagatelles morale*, se plaignait de l'abandon du « vieux mot de patrie », Grimm lui répondait : « Nous n'employons pas le mot de patrie, parce qu'il n'y en a plus pour pailer avec justesse. Il faut donc continuel' à dire que nous servons le roi el l'État. ' » Avec le réveil de l'individualisme, le sentiment des droits du citoyen va s'exaspérer. Chacun se croit autorisé à parler, à donner son avis sur les choses du gouvernement, à se mêler îles affaires de l'État, qui deviennent les affaires de tous. C'est La Tour, le pastelliste, qui, faisant le portrait de Louis XV, se permettra de dire au roi : « Avec tout cela, Sire, nous n'avons point de marine 2 ». C'est Lebrun-Pindare qui écrit son Ode aux Français après les désastres de la guerre de Sept Ans et qui s'essaie à jouer au Tyrtée : l'incapacité (\\\ pouvoir prouvée par toutes les défaites de celle guerre donne une nouvelle audace aux revendications du civisme. Des brochures républicaines s'impriment, avec des titres séditieux ou menaçants : Le patriote, — La patrie vengée, — La richesse de l'Elut, — Idées d'un citoyen sur l'administration des finances du Roi. Sous la Révolution ce patriotisme renouvelé de l'antique, qui n'a plus rien de français, qui ne signifie plus rattachement instinctif au sol natal, ni le sentiment de toutes les grandeurs el de toutes les gloires du pays, va se rétrécir encore : son patron sera Brutus le T\ rannicide et le mol de patriote ne sera plus que l'étiquette d'un parti politique. Comme couronnement de cette morale, une religion

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