‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 18 sur 248 · Corresp. litt., II. p · texte numérisé non relu

Corresp. litt., II. p

2. E. et J. de Goncourt, L'Art au AT///" siècle, l"r série, p. 344 (noie).

nouvelle apparaît, la religion des grands hommes, véritable résurrection de l'apothéose antique et du culte des héros. La philosophie et la littérature oui leurs saiiils qu'on n'honore pas seulement d'un culte métaphorique, niais à qui l'on voue des cérémonies et des rites véritables. C'est nue mode que d'avoir dans son jardin un autel dédié à un grand homme. Bien avanl le fameux triomphe d'Irène, le buste de Voltaire avait élé couronné chez M110 Clairon. Elle avait choisi un de ses soupers du mardi pour cette solennité qui devait être mie surprise. Quand tout le. monde fut arrivé, « soudain deux rideaux s'ouvrent et l'on voit le Jmste de Voltaire placé sur an autel, et au pied de l'autel Mllc Clairon habillée en prêtresse antique et plaçant sur la tète du dieu de Ferney une couronne de laurier ' ». tandis qu'elle récite une pièce de Marmonlel composée pour la circonstance. Mme de Saint-Huherty reçoit à Marseille les mêmes honneurs que Voltaire à Paris: on tire le canon en son honneur. La fête qu'on lui donne sur mer « était digne d'une souveraine ». Elle arrive sur une gondole dont les rameurs sont habillés à la grecque. Le peuple danse autour d'elle au son des tambourins et des galoubets. Elle-même, vêtue également à la grecque et couchée sur un divan à la mode orientale, reçoit en souveraine les hommages des spectateurs. Enfin, dans une pièce allégorique, elle est couronnée sur la scène par Apollon lui-même2. Il y a là comme une première ébauche des fêtes gréco romaines machinées par David pendant la Révolution. Ici, l'exagérai ion est telle, le travestissement à l'antique déjà si choquant, que le ridicule commence à percer.

1. Edmond de Goncourt, Mademoiselle Clairon. — Corresp. litt., X. p. 73.

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