‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 175 sur 248 · I. Delécluzej op. cit., p · texte numérisé non relu

I. Delécluzej op. cit., p

Le complimenl de Napoléon n'est, pas seulement vrai du Couronnement. La Distribution des Aigles exprime peutêtre davantage encore la pensée impériale. 11 y a dans le groupement et l'élan des masses, dans la pose et le costume «In César, dans la chaleur inaccoutumée de la couleur, quelque chose d'extraordinairement grandiose et belliqueux. Qu'on se rappelle encore son portrait en pied de Napoléon revêtu des insignes impériaux, avec la dalmatique de salin blanc, le manteau de velours violet semé d'abeilles d'or et la couronne de laurier, se détachant sur le fond rouge d'un dais somptueux dont les étoffes retombent à larges plis, et l'on avouera qu'il y avait en David l'instinct d'un grand peintredécorateur.

Avec des dons pareils, il est tout au moins étonnant rpie David n'ait laissé en somme qu'une œuvre manquée. Notons qu'il est avec Gluck le seul grand artiste, vraiment passionné pour son art et n'aimant que lui, qu'ait connu la France du xvnie siècle. Du côté des poètes je ne vois guère qu'André Chénier qui soit digne de les approcher; et encore il en est très loin. L'originalité de Chénier est bien petite à côté de celle de David. Mais c'est la même erreur d'art qui les a empêchés l'un et l'autre de donner ce qu'ils auraient du. C'est cette stérile et pédantesque chimère de l'imitation de l'antique qui a perdu David comme elle avait perdu Chénier.

Cependant, tandis que celui-ci était allé d'instinct aux œuvres grecques et latines, David ne se mit qu'assez tard à l'antique. Élève de Boucher d'abord, puis élève de Vien, ses premiers essais ne témoignent pas autre chose qu'une tendance déjà sensible au réalisme mitigée par des réminiscences d'école bien naturelles et- bien excusables chez un débutant '. Lorsqu'il

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