‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 187 sur 248 · Cité par Picavet, les Idéologues, p · texte numérisé non relu

Cité par Picavet, les Idéologues, p

LA LITTÉRATURE DU DIRECTOIRE ET DE L EMPIRE. .'{2o

célébrer solennellement l'alliance auguste qui se fonde... el rétablir Vusage de la langue latine, qu'il sied peut-être de purin- quand nos lois et nos armes s'étendent an loin », les professeurs de rhétorique furent invités à prononcer le Ier jeudi du mois de juin un discours latin sur le mariage de Sa Majesté l'Empereur et Roi avec S. A. I. et R. l'archiduchesse Marie-Louise. Luce de Lancival obtint le prix '. Ce fut son chant du cygne : la médaille d'or et la couronne furent déposées sur son lit de mort.

La critique, autant qu'elle le peut, encourage ce retour à l'ancienne culture, et cela avec des arrièrepensées non moins réactionnaires. Dans ses articles du Journal de l'Empire signés modestement d'un Q, Boissonade lui-même est visiblement préoccupé de redresser les erreurs des philosophes du xvin0 siècle sur tout ce qui touche aux littératures antiques. Il n'épargne pas même Voltaire, mais c'est La Harpe surtout qui est sa bête noire : il le réfute et lui fait la leçOn chaque fois qu'il en trouve l'occasion 2. C'est dans le même esprit — mais avec le pédantisme et l'étroitesse en plus — que sont conçus les articles de Geoffroy dans le même journal. Il rejette toutes les innovations dramatiques de Voltaire et en général il condamne la littérature du xvnr3 siècle tout entière: Montesquieu et J.-B. Rousseau « sont du siècle de Louis XIV; il ne reste au xvme que Buffon et Jean- Jacques : Buffon qui a déplacé l'éloquence pour la transporter dans une science où elle est inutile et tout à fait étrangère; Jean-Jacques qui a prostitué cette, même éloquence à des romans de métaphysique 3 ».

Page 1