‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 191 sur 248 · Cf. Biré, Victor Hugo avant 1830, p · texte numérisé non relu

Cf. Biré, Victor Hugo avant 1830, p

2. Sur ce culte de Virgile, cf. Michelet, Souvenirs île jeunesse. Quant à Hugo, il n'est que de se rappeler les pièces de ses

premiers recueil!-, et surtout dans les Voix intérieures :

0 Virgile, ô poète, 6 mon maîire divin... sans parler des traductions en vers qu'il en a faites au collège.

334 I IN DU CLASSICISME ET HETOUK A i/ANTIQUE.

vers. Déjà sous le Directoire <■ la république des lettres n'es! plus qu'une manufacture de traductions1 ».Sans reparler de celles de Delille, la traduction, des Métamorphoses d'Ovide de Saint-Ange esl toujours en vogue. Elle obtient « un su. •ces qui s'accroîl chaque jour et que le temps doit augmenter encore2 ». Daru traduit limitée. Ginguené VÊpithalame de Thétis et de Pelée, l'abbé de Cournand el Roux, les Géorgiques, Tissot, les Bucoliques, Legouvé, des fragments de la Pharsale, Fontanes, le Ve chant de Lucrèce3. Lebrun le Pindarique laisse) sous le titre de Veillées du Parnasse, des traductions de Virgile et d'Ovide. Les œuvres posthumes de Chénier contiennent un gros bagage de traductions, en vers ou en prose : l'Épître aux Pisons, le début du poème de Lucrèce, imitations des Géorgiques et du IVe livre de l'Enéide; traduction du Dialogue des orateurs, de la Poetique d'Aristote, etc.

Le penchant à la traduction avait toujours été le vice secret du classicisme, même à ses époques les plus brillantes. Dans son extrême décadence ce défaut ne pouvait que s'exagérer monstrueusement, jusqu'à tout envahir. On peut dire que tous ces littérateurs de l'Empire ne sont que des traducteurs, même lorsqu'ils ont l'air d'être originaux. Quand ce n'est pas Virgile ou Homère, c'est Milton ou le Tasse, voire Macpherson qu'ils paraphrasent. Baour-Lormian met en vers les poèmes d'Ossïan, comme M.-J. Chénier; il traduit la Jérusalem délivrée. La meilleure tragédie de Lemercier, son Agamemnon, est une imitation libre d'Eschyle. Et la meilleure pièce de Fontanes, celle qu'on citait comme

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