M. Chénier, Tableau, etc.. p
3. Fontanes, qui avait fait imprimer cette traduction avec celle de l'Essai sui' l'homme, ne la fit pas paraître de son vivant. Sainte-Beuve déclare en avoir vu un exemplaire : Chateaubriand et son groupe, I, p. 86.
la plus belle de ses élégies1, le Jour des morts dans une campagne, est aussi une traduction libre deGray; autrefois il avait donné à ses débuts une traduction de l'Essai sur l'homme de Pope3. Chateaubriand lui-même s'essaie à traduire Milton en vers et nous verrons tout rc qu'ily avait dans ses Martyrsde traductions fondues comme dans André Chénier.
On va même jusqu'à traduire» la prose; Chateaubriand accuse formellement Chênedollé d'avoir i maraudé 3 » che/. lui; en toui cas, son épisode de la Jeune Canadienne deviendra une véritable « matière » pour les poètes contemporains, depuis Millevoye jusqu'à Victor Hugo. Enfin est-ce forcer les mots que de ne voir dans la Grèce sauvée de Fontanes que la mise en vers du Jeune Anacharsis 4?
Si en effet nous passons en revue tous les genres littéraires, en dehors du poème didactique ou descriptif, — nous verrons que tous subissent encore l'influence de Delille, de celui qu'on a appelé le traducteur-né; ce sont les mêmes procédés de composition et de versification : coudre bout à bout des paraphrases et réserver tous ses efforts d'invention pour de petites découvertes de style. Parceval-Grand1 Maison, le futur auteur de Philippe- Auguste, compose les Amours épiques, poème en six chants, selon la méthode de Lebrun dans ses Veillées du Parnasse : c'est un pot-pourri d'Homère, de Virgile, de Tasse, de Milton :i. En 1806 parut une
1. Note dans l'édition des Œuvres de Fontanes, Paris. Hachette, 1839, I. p. 34.
2. Le sujet lui plaisait tellement, que plus tard il entreprit une nouvelle traduction de VEssai, » j 1 1 i ne parut qu'après sa mort (1822).
3. Mémoires d' Outre -tombe, II, p. 243 (éd. Ch. Grouzet, Paris).
i. l'.'csi aussi l'opinion de Sainte-Beuve [Notice su?' Fontanes).