‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 197 sur 248 · Agamemnon, acte IV. se v · texte numérisé non relu

Agamemnon, acte IV. se v

Nous voilà bien loin des exclamations haletantes, des onomatopées énergiques, des 'Erj, nomaX, 7rareaï, des As, ISoii, lôoû, qui dans Eschyle rendaient si bien la fièvre el l'angoisse de la prophétesse. El cepen danl. malgré cela, malgré des réminiscences trop nombreuses de Racine1, malgré l'étiquette classique conservée par endroits, la pièce dul paraître singulièremenl antique aux contemporains2. Lemercier avait conservé d'Eschyle l<>ul ce qu'il avail pu : la scène de l'arrivée d'Agamemnon :

Salut, ô murs d'ArgoS, ô palais, ô pairie!' 0 terre où de Pélops la race fui nourrie ;|!

Il avait gardé aussi la scène des prophéties de Cassandre el dans la scène finale telle qu'il l'avait arrangée, il restait encore suffisamment de l'original,

— le roi Agamemnon frappé à mort et. l'apparition de Clytemnestre sortant de la chambre nuptiale, non plus avec une hache, mais avec un poignard. Nous ne savons rien de la décoration ni de la couleur locale que l'auteur avait pu y mettre. Peut-être en retrouveton quelque chose dans le tableau de Prud'hon, qui prouve tout au moins combien la tragédie de Lemercier avait mis le sujet à la mode.

J. En voici quelques-unes :

Egisthe, bêlas! ne connaîl rien d'affreux Qui ne cède à L'horreur de voir briser nos nœuds. Acte IV, se. i.)

... Hélas, contre le sang des tristes Pélopides Qui t'anime aujourd'hui? (Acte IV. se. v.)

■2. A propos d'Ophis, un contemporain disait de Lemercier :

- En lisant les productions de ce jeune homme, on s'aperçoit facilement qu'il doit une parti.' de ses succès à l'étude des grands maîtres de l'antiquité; c'est cette étude aujourd'hui si négligée qui donne à ses héros ces [rails majestueux, cet air noble et ce ton de grandeur inconnus depuis longtemps a la scène française... » Élrennes de l'Institut, p. 87.

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