‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 202 sur 248 · Correspondance de Lamartine, I · texte numérisé non relu

Correspondance de Lamartine, I

vers erotiques, qui ont l'ail les délices de toute une génération, nous paraissent le plus insupportable bavardage. On \ cherche Tibulle et la poésie antique et l'on n'y trouve, avec une polissonnerie niaise, que les oripeaux mythologiques les plus démodés.

Parmi ces petits poètes, il en est un dont la critique a toujours parlé avec une certaine indulgence affectueuse : c'est Millevoye, le poète poitrinaire, l'auteur de la Chiite des feuilles, et ainsi le peu de talent qu'il avait eu a été singulièrement exagéré. A part une sentimentalité pleurnicheuse qui s'épanche dans ses élégies, il est impossible de lui découvrir une originalité quelconque. Comme tous les autres, c'est un versificateur et un traducteur, (le lut un nourrisson académique composant religieusement pour tous les concoure, avec Victorin Fabre, un autre poète lauréat, et remportant toujours au moins un accessit '. Il l'ait des vers sur tous les sujets : dans le genre troubadour, il écrit Emma et Eginhard, Charlemagne à Pavie et un certain nombre de romances; il ne néglige pas non plus le genre ossianesque et il rime la ballade d'Egill « royal espoir de la Scandinavie - ». Mais il semble s'être l'ail une spécialité du genre antiquisant. On a de lui un livre entier où il pille effrontément André Chénier, dont il avait en main les manuscrits : le Combat d'Homère et d'Hésiode, La jeune épouse, où l'on trouve des refrains comme ceux-ci, pastiches de La jeune Tarcntine ■

\ Lerges, filles des mers, jeunes océanides, Écartez le soleil de vos grottes humides.

Puis c'est Stésichore, Homère m ndiant (imité de ['Aveugle d'André Chénier),les Adieux d'Hélène, le Départ d'Eschyle, la Néréide, les Derniers moments de Virgile.

1. Voir la notice de Pongerville, en tête des Poésies de Millevoye, édit. Charpentier.

Page 1