Poésies de Millevoye : Le premier baron chrétien, p
Le même Millevoye compose un Ckarlemagne à Pavie, Lucien Bonaparte un Ckarlemagne ou VÊglise sauvée, « poèmes en \\i\ chants ». Vanderbourg avail fait mieux : il avail donné une idée de la langue du moyen âge dans son pastiche si ingénieux H si savanl des Poésies de Clotilde de Surville '. Mais le grand spécialiste dans le genre troubadour, ce fut Creuzé de Lesser, avec ses Chevaliers de la Tulle-Ronde, ei son Amadis des Gaules ■
La Gaule poétique (1813) de Marchangy ue fait qu'attester ce! engouemenl en faveur de la chevalerie. « Notre but, disait-il, esl d'extraire enfin du moyen âge, comme d'une mine féconde1 et trop peu connue, des trésors qu'apprécieronl également le poète, l'annaliste, le législateur, l'archéologue -. » En même temps il indiquai! des sujets de poèmes nationaux, Clovis, par exemple. Lamartine 3. qui avait lu Marchangy, écouta le conseil et se mit à rimer une épopée sur « le fondateur de la monarchie française ».
D'autre part, on commençait à se prendre d'une belle passion pour l'art gothique. On n'avait pas attendu pour cela les pages de Chateaubriand dans son Génie du Christianisme : c'était un goût qui, comme celui de la chevalerie, remontait au xvme siècle, au temps où l'on copiait les jardins anglais avec leurs ruines, manoirs, donjons ou abbayes. Sous le Directoire, les romans d'Anne Radcliffe avaient entretenu cette mode, et voici maintenant que Lenoir, au musée des Petits-Augustins, préparait les premières données de l'archéologie du moyen âge en rassemblant tous les débris qui avaient échappé au vandalisme révolution-
1. Poésies de Marguerite-Éléonore Clotilde île Vallon-Chalys, depuis Mme de Swville, poète français du XVe siècle, publiées par Ch. Vanderbourg, Paris, an XI (1803)