‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 207 sur 248 · Voir notre chapitre ix · texte numérisé non relu

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naire. Nodier ël Taylor, en attendanl de Caumont, commençaient à s'initiera celle architecture gothique > que l'on connaissait encore si mal et dont ils allaient répandre le culte parmi les jeunes romantiques.

Au théâtre les sujets nationaux sont de plus en plus en faveur; mais ce qu'il faul y noter surtout, c'est une évolution très marquée dans le sens de l'histoire et de la couleur locale. Dans l^s Vénitiens d'Arnaud, qui sont pourtant de 1798, il y a des indications relatives au costume ou à la décoration - qui sont aussi précises et aussi développées que dans n'importe quel drame romantique. Notons enfin que l'unité de lieu est violée presque à chaque acte. Et voilà une tragédie déjà toute romantique (-l'allure qui suivait à un an de distance

1. Le voyage pittoresque et romantique de l'ancienne France, par Nodier, avec la collaboration de Taylor et Caillaux, parut en L820.

2. «Le costume du doge est une tunique de velours rouge par-dessus laquelle il porte un ample manteau d'étoffe d'or, à manches très larges et orné d'un ample collet d'hermine; sa coiffure est un bonnet de forme particulière, connu sous le nom de corne ducale. Les inquisiteurs portent simplement uni' robe noire à larges manches sur une tunique violette tombant à peu près à rai-jambe. Ils sonl décorés de l'étole d'or, large bande d'étoffe d'or fixée sur L'épaule gauche par un bouton et qui pend librement devanl et derrière. » Voici maintenant pour la décoration :

« Acte I. — Le théâtre représente la salle du grand conseil dans le palais de Saint-Marc.

" Acte II. — Le théâtre représente un appartement du palais île Contarini.

• Acte IV. — Le théâtre représente une chapelle particulière du palais de Contarini. L'autel est, à droite, la porte d'entrée a gauche, lui l';*rf une porte ouverte laisse apercevoir une -aile dont les fenêtres donnent sur le palais de l'ambassadeur d'Espagne. La -ceue est éclairée par une lampe.

« Acie V. — Le théâtre représente le lieu d'assemblée du conseil des Trois, lie- sièges noirs sont préparés pour les inquisiteurs sur une estrade tendue île noir. Le greffier est placé au-dessous d'eux, devanl une table. L'accusé se tienl debout. La chambre esl peu profonde et sombre sm- être obscure. Un voile noir l'erine le fond du théâtre. »

VAgamemnon de Népomucène Lemercier. Que seraitce, si nous laissions an Christophe Colomb ou au Pinto de celui-ci?

D'autre pari la littérature catholicisante a trouvé sa forme définitive dans les Martyrs de Chateaubriand où elle se mêle à de perpétuels pastiches de l'antique. La poésie avec Millevoye el Fontanes commence à s'emparer des sujets religieux. La mélancolie, en honneur depuis les Nuits d'Young*, esl déjà bien usée '. La littérature personnelle esl à son apogée depuis René et on a lu Werther avec fureur. Le genre « poitrinaire » a son chef-d'œuvre dans la Chute des feuilles, le genre « macabre » dans Lord Ruthwen ou les vampires -, le genre « fantastique » dans Smarra. 11 n'est pas enfin jusqu'à ces vastes poèmes symboliques, comme Ahasvérus ou la Chute d'un ange, cpii n'aient été alors ébauchés, et avec la même prétention d'épuiser la réalité totale, de fondre dans une seule œuvre toutes les religions, toutes les histoires et toutes les philosophies : c'est YAtlantiade ou la Panhypocrisiade ■ de Lemercier, sans parler d'oeuvres inachevées, comme

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