Cité par Sainte-Beuve, Portraits contemporains
376 FIN !>l CLASSICISME El RETOUR A L ANTIQUE.
une si heureuse audace cl qui a peinl la chute des plus célèbres tyrans du monde en traits aussi profonds, aussi terribles que la catastrophe elle-même ' ».
Ce qu'il y a peut-être de plus surprenant, c'est de voir Baour-Lormian protéger celle jeunesse. 11 régalai! en partie fine Soumet, Victor Hugo, Emile Deschamps, Latoucbe et Vigny : « 11 avait accueilli avec enchantement mes premiers poèmes, dit celui-ci. // m'aimait et je lus assez léger pour n'y plus retourner, entraîné par la camaraderie et parce que mes amis Hugo. Emile s'étaient brouillés avec lui pendant que j'élais à mon régiment 2. » — Enfin dans le premier Cénacle lui-même, il y avait des hommes qui appartenaienl par leurs débuts et par leurs goûts à la génération antérieure, comme Alexandre Soumet, Charles Nodier el surtout Chènedollé. Il esta noter d'ailleurs (pie le maître et l'inspirateur de ce premier Cénacle n'était point Victor Hugo, mais Charles Nodier^.
D'après cela, rien n'est plus naturel que devoir ces jeunes gens débuter par des pièces toutes classiques d'inspiration, — sinon toujours de forme. Rappelleronsnous les innombrables petits vers que Lamartine a rimaillés à Milly et qu'il voulait réunir en un volume \ C'est l'insupportable bavardage des petits poètes du xvme siècle, avec leurs plates polissonneries et leur sentimentalité niaise. Encore en 1815, il compose une élégie sur la mort de Parny :
Parny n'est plus : la Parque courroucée Vient de trancher la trame de ses jours