‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 22 sur 248 · Voir notre chap. h, p · texte numérisé non relu

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déni que Boucher et Chénier en ont une idée autrement sérieuse que Voltaire et surtout qu'un Dorât ou un Gentil-Bernard. Diderot, tout le premier — si intelligent el si moderne, — avait déjà entrevu dans les mythes grecs la glorification des forces naturelles et de la beauté plastique. Il en a parlé en artiste et en porte, avec une divination qui dépassait singulièrement son siècle et le goût français en général '.

Mais on demande davantage aux anciens : on sent que depuis longtemps — avec l'avènement des petits genres et de la littérature facile — la forme s'est abâtardie et qu'en somme on a perdu le grand style avec les grands sujets. On va donc procéder comme au temps de la Renaissance, rapprendre son métier d'écrivain par le rudiment — par la traduction et l'étude minutieuse du style antique : « Notre langue, accusée d'un peu de recherche et d'afféterie — disait l'abbé Delille, — avait besoin d'être retrempée dans la mâle simplicité des poètes anciens. La traduction des grands modèles de l'antiquité est pour la poésie, permettez-moi cette comparaison, ce que sont ces cuves fameuses d'Allemagne où le vin nouveau versé tous les ans sur les vendanges précédentes emprunte d'elles sa force et sa maturité-. » Ceci n'a l'air de rien, mais il suffît de songer à l'importance des questions déforme en art. pour comprendre toute la .portée de ce passage : n'a-t-on pas défini le romantisme, une révolution du vocabulaire? La chose est surtout frappante dans 1rs ;ir!s plastiques; toute l'originalité de Vien consistera à dessiner correctement d'après l'antique, en d'autres termes à rapprendre la grammaire du dessin, au lieu de continuer à « casser des jambes

\. En particulier dans l'Essai sur la peinture, X, p. 490 et suiv.

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