‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 220 sur 248 · Cf. Biré, op. cit., p · texte numérisé non relu

Cf. Biré, op. cit., p

2. C'est ce royalisme qui semble avoir le plus frappé Stendhal dans la jeune école : ■ UEdinburgh Review s'est complètement trompée en faisant de M. <lc Lamartine le poète du parti ultra. Ce parti si habilement dirigé par M. de Frayssinous cherche à adopter toutes les gloires. Il a procuré à M. de Lamartine neuf éditions de ses poésies; mais le véritable poète du parti, c'est M. Hugo.» (Côrresp. inédite de Stendhal, 1, p. 221.) Hoffmann, dans un article des Débats, convenait qu'il n'existait de différence entre les genres classique et romantique que ilans le style. Sur quoi Hugo répliquait : « J'ai eu l'honneur île vous prouver que les locutions dans lesquelles vous découvrez tout le romantisme ont été au moins aussi fréquemment employées par les classiques anciens et modernes que par les écrivains contemporains. <>r, comme dans ces locutions résidait spécialemenl votre distinction entre lôs deux genres, cette distinction tombe d'elle-même. •■ Cf. Biré, op. cit., p. 371.

néo classique, plus classique que les Lemercier el les Baour-Lormian, 1<m 1 1- était proposé puni' modèle par un des leurs cl riscfuail «le les dévoyer.

Heureusement, cette influence fui de courte durée et elle csl loin d'avoir été aussi profonde qu'on le croit généralement.

D'abord il \ cul une légende sur André Chénief, qui tout de suite le rendil cher à la jeunesse romantique cl royaliste de 1819; c'est Chateaubriand qui la commença : on lisait eu effet dans une note du Génie du Christianisme : « Les écrits de ce jeune homme, ses connaissances variées, son courage, sa noble proposition à M. de Malesherbes, ses malheurs et sa mort, tout sert à répandre le plus vif intérêt sur sa mémoire. Il est remarquable que la France a perdu sur la lin du dernier siècle trois beaux talents à leur aurore : Malfilâtre, Gilbert et André Chénier; les deux premiers sont morts de misère: le troisième a péri sur l'échafaud ' ». C'est le même Chateaubriand qui lit la fortune du mol fameux : « Et pourtant j'avais quelque chose là -! » — Plus tard, La Touche, dans son édition de 1810. écrivait : « Ainsi péril ce jeune cygne étouffé par la main sanglante des révolutions, heureux de n'avoir élevé de culte qu'à la vérité, à la patrie, aux Muses : on dit qu'en marchant au supplice, il s'applaudissait de son sort. Il est si beau de mourir jeune! Il est si beau d'offrir à ses ennemis une victime sans tache et de rendre au Dieu qui vous juge une vie encore

1. Cf. Génie du Christianisme, note sur la -Ie partie, lis. III, ehap. vi, ;i la fin du volume.

l. Note du même chapitre, au lias do la liage. .

pleine d'illusions1 ! ». — Ainsi donc, voilà André Chéaier, — athée avec délices, suivant l'expression de Chênodollé, — transformé en un séraphique jeune homme, mourant pour son Dieu et pour son Roi. Il devenait le frère des victimes innocentes chantées par V. Hugo, dans ses Odes, M" de Sombreuil, les Vierges de Verdun, le petit roi Louis XVII. On conçoit cpie les romantiques, qui en étaient encore à la phase roya-; liste et religieuse, se soient enthousiasmés pour ses vers, l'ai même temps que sa poésie devenait un argument contre la littérature impériale survivante, sa mort était un crime de la Révolution. On le dit bien haut el on l'imita avec empressement. Pour le Jeune malade surtout, ce fut une fureur : on vit paraître la Jeune malade, In Sœur malade, la Jeune fille malade, la Mère mourante. Toutes ces élucubrations se succédaient dans la Muse française, jusqu'à ce qu'un jour, une note de rédacteurs dût prévenir que « l'exploitation des agonies était interdite pour longtemps au commerce poétique - ». Ce culte d'André Chénierétail si bien la marque de l'école, qu'en lsi'n Baour-Lormian, définitivement brouillé avec les romantiques, s'écriail pompeusement dans le Canon d'alarme :

Nous, nous datons d'Homère et vous d'André Chénier.

Sainte-Beuve, deux années après, donnait raison à Baour, dans ses articles du Globe sur la poésie française ilu xvie siècle : il faisait dater d'André Chénier la réforme poétique et présentait Hugo connue son continuateur:* Ce qu'André Chénier avail rénové el innové dans les vers, noire jeune contemporain l'a rénové

1. Est-il nécessaire de faire remarquer combien de la Toucha arrangeait son récit, sans cependant rien affirmer?

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