‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 224 sur 248 · Au fond c'est Homère vu à travers le Télémaque · texte numérisé non relu

Au fond c'est Homère vu à travers le Télémaque

4. Lamartine vraisemblablement n'a jamais lu Platon que dans la traduction de Cousin et sans doute il n'en a lu que les dialogues les plus connus : ses conversations avec son ami de Fréminville, qu'il appelle « son maître en Platon » (cf. Reyssié,

assez lointaine de génie, mais il n'a jamais en la curiosité de les connaître intimement et encore moins le désir de les imiter de parti pris.

Hugo, malgré son amitié avec Sainte-Beuve, paraît avoir été tout aussi indépendant de l'influencé de Chénier et de son école. Certainement il l'a lu de plus près : les épigraphes de ses Odes en font foi; mais elles sont empruntées aux pièces les plus classiques du recueil de Latouche '. D'autre part les pièces antiquisantes, — le Repas libre, le Chant de l'arène, le Chant du cirnue, le Chant de fête de Néron, révèlent bien plutôt l'imitation des Martyrs que celle de V Aveugle ou du Mendiant : c'est une antiquité de pacotille, qui vise à la couleur locale et qui se contente d'oripeaux pittoresques pris au hasard des lectures et non, comme chez André Ghénier, l'inspiration et la forme antiques étudiées patiemment à même les textes et reproduites par sympathie d'imagination et de tempérament. Encore faut-il faire exception pour le Chant de fête de Néron, où à côté d'un pittoresque déjà original, commence à s'affirmer ce dilettantisme décoratif, qui sera un des caractères du romantisme à sa seconde période.

Quant au style et à la versification de Chénier, Hugo, comme Lamartine, ne leur doit absolument rien. Ce moule laborieux était trop étroit, même pour leur imagination naissante. Ils n'étaient pas hommes à se consumer en de petites recherches d'expression, comme celles où se complaît l'auteur de l'Invention. Le souffle lyrique, l'image éclatante et fougueuse. — on trouve déjà tout cela dans les Odes et c'était justement ce qui manquait le plus à Chénier pour être un grand poète :

op. cit., ]>. 353) et surtout sa grande imagination ont fait tout le reste.

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